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Abbaye Sainte-Marie de Gourdon

charte56Abbaye Sainte-Marie de Gourdon (abbaye Nouvelle) à Leobard 46

 


Notice rédigée par Françoise Bagnéris
Professeur à l'Ecole des Beaux-Arts de Toulouse
in "Anciennes abbayes en Midi-Pyrénées"
(ISBN Addoc : 2.906793-19-1 ; ISBN Randonnées Pyrénéennes : 2-905521-45-7)

 

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HISTOIRE

 

Sur un rocher dominant la vallée du Céou se dressent les vestiges de l'Abbaye Nouvelle, fondée en 1242 par les moines d'Obazine (Corrèze), sur des terres données par Guillaume de Gourdon-Salviac, seigneur de la Bouriane ; alors en délicatesse avec l'Inquisition, ledit Seigneur souhaitit par ces donations offrir des gages de son orthodoxie religieuse au moment où les derniers hérétiques étaient pourchassés.
Une première église, édifiée en 1260, fait place entre 1274 et 1287, à l'église gothique que nous pouvons voir partiellement aujourd'hui.
L'âge d'or des Cisterciens touche toutefois à sa fin : la rareté des donations, l'accroissement des impôt réclamés par le sénéchal du roi provoquent dès la fin du XIIIe siècle une grave crise dans la communauté.
En 1346, puis surtout entre 1380 et 1387, la guerre de Cent Ans particulièrement violente dans le Quercy entraîne la destruction du réfectoire et la démolition partielle de l'abbatiale. En dépit des efforts déployés au XVe siècle par l'abbé Géraud Porquier, ces dégâts ne seront en fait jamais réparés.
En 1542, l'abbaye désormais mise en commende est confiée à l'abbé Dominique Sarred qui s'efforce, avec ses successeurs, de redonner vie à la communauté et de restaurer les bâtiments. Peinte perdue : en 1658, constatant que l'abbaye est abandonnée, l'évêque de Cahors décide de séculariser l'église abbatiale : c'est à cette époque qu'est aménagée une nouvelle porte (1669), cependant que l'habitation du prieur est transformée en presbytère.
A la Révolution, les restes de l'abbaye sont vendus à deux familles du pays qui, sans se soucier des bâtiments - le cloître est transformé en jardin potager -, exploitent les terres.
Si l'église, inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1926, échappe à la destruction, les bâtiments abbatiaux sont dynamités en 1950 pour servir de carrière ; à la même époque, les élégants escaliers de la façade sud sont démontés et leurs éléments réutilisés dans la construction de bâtiments agricoles.
Commencé en 1974, le sauvetage de l'abbaye s'est traduit en 1978 par la création d'une association très active, regroupant la majorité des habitants, qui s'attache année après année, à relever les ruines et à redonner vie à l'abbaye.

 

DESCRIPTION

 

L'église offre plusieurs caractéristiques tout à fait exceptionnelles. C'est en effet, de tous les monastères cisterciens de France, la seule à ne pas comporter de transept ; c'est aussi une des très rares églises cisterciennes à offrir deux étages :
  • une salle basse, de plain-pied avec les champs, semble avoir été conçue popur servir de cellier. Voûtée d'arêtes, elle est ouverte sur l'extérieur par une porte cochère, mais communiquait autrefois avec le reste de l'abbaye par une porte piétonne aujourd'hui murée.
  • la salle haute constitue l'église elle-même et se trouvait de plain-pied avec le cloître, aujourd'hui disparu ; de plan très simple, sans abside ni transept, elle ne montre plus, de nos jours, que deux travées couvertes de croisées d'ogives sur les quatre qu'elle comptait à l'origine.
Le monument était largement éclairé par de hautes fenêtres percées dans chaque travée ; trois d'entre-elles subsistent du côté septentrional, de grandes baies de plus de trois mètres de largeur, divisées en deux par un meneau de section octogonale. Le mur méridional de la première travée ne comportait pas de fenêtre : c'est là que venaient s'appuyer les bâtiments des convers.
Les dimensions du bâtiment étaient à l'origine les suivantes : quarante-cinq mètres de longueur, sept mètres soixante de largeur, quatorze mètres cinquante de hauteur (vingt-cinq mètres si l'on prend en compte les deux étages).
Les autres bâtiments ont tous été détruits, mais grâce au patient travail de débroussaillage et de sondage effectué par les membres de l'association, se laissent peu à peu localiser :
  • le cloître, aujourd'hui totalement disparu, était vraisemblablement en bois : le mur ouest de l'église présente encore une corniche formant solin et des trous de poutre ;
  • le dortoir des moines devait se situer à l'étage de l'aile orientale du cloître, qui menait du bout du coeur de l'église à la salle des moines. A noter que -autre singularité de ce tardif monastère cistercien- la ruelle des convers et le cloître des moines débouchaient dans un même petit couloir pour permettre l'accès à l'église ;
  • la citerne, construite au niveau du cellier, est voûtée en berceau brisé et offre, encore visibles, deux goulottes en pierre sculptée servant à l'arrivée de l'eau.
Les fouilles et travaux actuellement entrepris devraient permettre d'améliorer notre connaissance de cette ultime fondation cistercienne dans la région.


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Abbaye Notre-Dame de Feuillant

Abbaye Notre-Dame de Feuillant (ou Feuillans)
diocèse de Rieux, puis de Toulouse (Haute-Garonne)
31 -  Labastide-Clermont

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Aucun reste de cette abbaye sur place, pourtant importante car l'un de ses abbés fut à la base de la réforme dite "feuillantine" de l'ordre cistercien, pour un retour radical à la pureté de la règle dont il estimait que l'Ordre s'était éloigné.

RECHERCHES EN-COURS

Notes trouvées sur le site intracommunautaire

La Congrégation des Feuillants

L'abbaye de Feuillant se trouve dans l'arrondissement de Muret, non loin de Toulouse, en Midi Pyrénées.
Elle fut fondée par Bernard IV, comte de Comminges, en 1145.
Rattachée à l'Ordre de Cîteaux quelques années plus tard, la communauté fut fervente jusqu'à la fin du XIVème siècle, époque où bien des communautés étaient fort relâchées.
La situation s'aggrava lorsque l'abbaye fut mise en commende à partir de 1539.
Les choses commencèrent à changer avec la nomination de Jean de la Barrière comme abbé commendataire en 1562.
L'abbé commendataire eut bien du mal à se faire accepter. Après avoir été consacré abbé par l'évêque de Toulouse, face à sa ténacité, les religieux qui ne voulaient pas suivre la réforme quittèrent la communauté, et l'abbé resta avec quatre religieux.
En 1586, la réforme de Feuillant reçut la première approbation papale de Sixte V, et l'année suivante l'abbaye comptait près de 150 religieux.
La vie qu'ils menèrent alors à Feuillant était extraordinaire par sa rigueur et son austérité. La renommée de sainteté de Barrière et de ses moines attira l'attention du roi de France Henri III, qui voulut des Feuillants à Paris. A cette fin, il ordonna en 1587 de construire pour eux le monastère Saint Bernard à la Rue Saint Honoré.
Le premier supérieur de Paris fut Bernard de Montgaillard.
Vers la même époque, un monastère de religieuses feuillantines fut ouvert à Montesquiou-Volvestre, diocèse de Rieux, transféré plus tard à Toulouse.
En 1622, sous la pression d'Anne d'Autriche, un second couvent de feuillantines fut ouvert, à Paris, dans le Faubourg Saint Jacques.
Le Pape Sixte Quint, non seulement approuva les constitutions des Feuillants, mais il demanda également l'ouverture d'un monastère à Rome. En 1587 des feuillantines occupèrent l'église des Saints Vit et Modeste, au Forum de Trajan, tandis que des moines occupèrent la basilique Sainte Pudentienne, Saint Bernard aux Thermes et Saint Sébastien aux Catacombes.
Lorsque la Ligue divisa l'adhésion des Français à Henri III, que l'on accusait de favoriser les Huguenots, les feuillants eux aussi se divisèrent : Jean de la Barrière resta fidèle au roi, tandis que Bernard de Montgaillard et la plupart des moines de Paris s'opposaient à Henri III.
La concorde entre Montgaillard et Barrière était déjà battue en brèche dès le premier chapitre général de la congrégation, réuni sur ordre de Sixte Quint à Turin en 1592.
Les raisons de leur opposition ne sont pas connues.
Lors du second chapitre général, convoqué à Rome par le pape Clément VIII, et présidé par son délégué, Alexandre de François, dominicain, il fut demandé
- à l'abbé de Cîteaux de ne plus s'occuper de la congrégation des Feuillants,
- à l'abbé de Feuillant de démissionner et il fut assigné à résidence à Rome, accusé d'hérésie
- à l'abbé de Saint Bernard de Paris de quitter la congrégation dans les six mois.
Dom Jean de la Barrière fut réhabilité huit ans plus tard, et mourut en odeur de sainteté à Saint Bernard des Thermes en 1600.
Dom Bernard de Montgaillard quitta la France au retour d'Henri III et se réfugia à l'abbaye de Nizelles dans les Pays-Bas méridionaux. Il fut ensuite abbé réformateur de l'abbaye d'Orval.
La congrégation se développa rapidement jusqu'au milieu du XVIIème siècle. Il y eut une petite trentaine de monastères en France, dont un dans la maison natale de Saint Bernard à Fontaine lez Dijon, et il y eut une quarantaine de monastères feuillants en Italie. Des essais de fondations de feuillants en Espagne et au Portugal echouèrent.
En 1768, à l'époque de la Commission des Réguliers, il y avait en France 164 religieux répartis dans 24 maisons. La plus peuplée était Saint Bernard de Paris avec 23 moines. Ils étaient demeurés assez fervents semble-t-il, et ils ne firent l'objet d'aucune mesure de suppression. Dès cette date, semble-t-il, les feuillants ont l'air de pratiquer la "conspiration du silence"...
La congrégation de France allait disparaître dans la tourmente révolutionnaire, comme toutes les familles religieuses. La congrégation d'Italie, à cause du petit nombre de religieux, fut rattachée en 1802 par le Pape Pie VII à la congrégation de Saint Bernard. .La congrégation des Feuillants n'a donc eu que deux siècles d'existence.
Mais tant par sa ferveur que par son austérité, elle a eu une très grande influence, tant en France qu'en Italie. De nos jours, on garde encore une grande admiration à l'égard des feuillants, dont la tradition fournit de merveilleux exemples de vie monastique. Même si, avec le temps, l'austérité des origines fut adoucie, l'austérité demeura la caractéristique de la congrégation.
Les historiens ont relevé l'influence des feuillants sur la renaissance catholique dans la France du XVIIème siècle, notamment en favorisant la réforme des ordres religieux. Eustache de Saint Paul et Sanche de Sainte Catherine eurent, avec beaucoup d'autres, une action notable dans ce domaine en France.
Les feuillants ont également beaucoup prêché, contrairement à la tradition cistercienne dont ils sont issus. Ils ont aussi beaucoup écrit. Il est souvent difficile de savoir si tel auteur est feuillant. Les feuillants écrivains remplaçaient généralement leur nom de famille par le nom d'un saint.

 

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Abbaye Sainte-Marie du Désert

desertL'abbaye Ste-Marie du Désert est une fondation cistercienne récente, puisque datant de la première moitié du XIXe siècle, bâtie au fond d'un vallon à BELLEGARDE-STE-MARIE en Haute-Garonne, dans les premiers vallonements gascons non loin de l'Isle-Jourdain.
C'est la seule abbaye cistercienne OCSO de moines encore habitée sur la région Midi-Pyrénées ; deux autres abbayes cisterciennes de moniales sont encore en activité : Sainte-Marie de Boulaur, toute proche, à côté de Saramon dans le Gers ; et Notre-Dame de Bonneval en Aveyron.
Elle est habitée par une communauté active de moines cisterciens, qui pratiquent l'agriculture et vendent leurs produits sur place, ou bien sur internet par l'intermédiaire de la "Boutique de Théophile".
Un magasin est ouvert et reçoit les visiteurs pour commercialiser leur production (miel, bonbons du désert) et cellesd'autres abbayes, comme les produits de soins, toilette et senteurs de l'abbaye de Chantelle dans l'Allier, avec laquelle ils travaillent ; on y trouve une grande quantité de produits alimentaires provenant d'autres communautés.
Un des moines de Ste-Marie-du-Désert, Jean-Marie CASSANT,  a été élevé bienheureux par Jean-Paul II ; les moines du Désert souhaitent lui  rendre hommage en érigeant une chapelle qui lui serait dédiée ; ils  font appel aux donateurs qui souhaiteraient les appuyer dans cette démarche.
L'abbaye possède un site internet qui fournit de nombreux renseignements sur la vie de la communauté.







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