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Sarnin in rectificando

Face Sud de la Basilique Saint-SerninAdmirable et monumental témoignage de la splendeur de l'art roman dont elle constitue le plus vaste édifice existant (115x60m), Saint-Sernin fut pensée et édifiée pour l'accueil des "Pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle" et, à ce titre, autour d'un plan architectural, qui a conservé sa pureté originelle, dédié à l'enseignement christique des Pèlerins et à leurs dévotions religieuses ; elle offre dans son déambulatoire et sa crypte à deux niveaux la plus importante collection de reliques de l'Occident chrétien après le VATICAN. La magie de la brique rose dont elle est bâtie à partir du premier étage dote le sanctuaire d'une aura unique de clarté rosatre, infiniment propice à la paix intérieure et au recueillement, que Claude Nougaro avec son génie de poète a si bien traduite dans les vers de "O Toulouse"  :

 

L'église St-Sernin illumine le soir
D'une fleur de corail que le soleil arrose
C'est peut-être pour ça malgré ton rouge et noir
C'est peut-être pour ça qu'on te dit Ville Rose

Claude NOUGARO : "Toulouse"
 
Patrimoine mondial

    

sant sarnin


      


Afficher Basilique saint Sernin sur une carte plus grande

UNE IMPRESSIONNANTE UNITE D'OEUVRE

saint sernin

LE MARTYR DE SAINT SATURNIN

Evoquer Saint-Sernin, c'est toucher les sources mêmes de la déliquescence de l'Empire Romain, ce terrible et malheureux IIIe siècle surnommé "Siècle de l'Anarchie militaire". Alors que ROME domine encore tout le monde méditerranéen, la Gaule et la Bretagne, elle porte déjà en elle les poisons qui après deux siècles de progressive dégénerescence signeront sa dissolution, la fin de l'antiquité et le début d'une nouvelle ère.

INSTABILITE POLITIQUE ET ANARCHIE MILITAIRE

imperatorD'abord, la totale et incroyable instabilité qui caractérise son gouvernement, un exécutif, placé entre les mains d'un homme seul, un Empereur issu des rangs militaires. 
Dans cet Empire gigantesque, le temps n'est plus à l'expansion infinie pour acquérir les richesses indispensables à une économie frustre qui repose sur le pillage des contrées conquises et la réduction en esclavage des peuples vaincus pour assurer le bon fonctionnement de l'Empire, tant dans la vie quotidienne et le confort des citoyens romains que pour la production agricole et la satisfaction des besoins ; les frontières s'étendent sur des milliers de kilomètres et font l'objet de raids incessants des "barbares" qui viennent à leur tour piller les villes romaines, considérées comme des coffres-forts où viennent se servir, et réduire en esclavage les populations avant de rentrer chez eux jouir de leurs butins. L'armée romaine est puissante, sans équivalent encore, mais elle doit intégrer dans ses rangs de plus en plus de barbares, dont certains font de brillants carrières, pour se déployer le long des frontières et faire face à toutes les invasions qui ne manquent de se produire ici et là. En sus, autant elle est puissante lorsqu'elle peut se déployer, autant elle est fragile dans les forêts si étendues où vivent les peuples barbares, qui l'ont bien compris et qui évitent de l'affronter en terrain découvert pour mieux lui tendre des embuscades lorsqu'elle se lance à leur poursuite dans des zones moins favorables à son déploiement.

Cette armée est devenue le fondement même de la puissance romaine, et c'est de ses rangs dont sont issus les Empereurs ; non dans le calme et l'ordre, mais dans l'inorganisation et le trouble permanent : être acclamé empereur est un honneur redoutable et équivaut à une rapide condamnation à mort. C'est la certitude d'être assassiné par ses troupes soit pour avoir imposé une discipline trop rigoureuse ou bien trop laxiste, ne pas avoir assez de bien à distribuer pour acheter la loyauté de ses troupes, qui ne peut de toute manière que retarder l'échéance inévitable. Même des militaires brillants, auréolés de victoires et de succès, excellents administrateurs qui ont su rétablir les sources d'approvisionnent de ROME, sont assassinés par leurs hommes au IIIe siècle, sans aucune justification.
Chaque Légion peut en effet refuser de reconnaître l'autorité de l'Empereur à Rome, proclamer un homme sorti de ses rangs à la tête de l'Empire et marcher sur ROME pour imposer son choix aux SENATEURS, devenus pantins tremblants de peur devant es militaires, qui n'ont d'autre choix que d'avaliser cette désignation pour échapper à l'ire soldatesque.
Ce sont donc des "PRONUNCIAMENTOS" incessants qui rythment la vie politique du grand Empire romain ; les critères de choix des soldats relèvent non pas de l'intérêt général de l'Empire, mais de leurs propres intérêts bien compris, d'autant plus que les LEGIONS ROMAINES comptent maintenant beaucoup plus de légionnaires et de soldats issus des multiples régions conquises et intégrées à l'Empire, et de barbares intégrés à titre de formations auxiliaires qui accèdent désormais aux grades les plus élevés et constituent les meilleures troupes.

LA FIN DE LA PAX ROMANA ET DE LA PROSPERITE

rome empireMais ce chaos politique permanent n'est pas la seule faiblesse qui frappe ROME ; la prospérité économique et la "pax romana" qui caractérisait depuis deux siècles ROME et le monde sur lequel s'étend l'Empire disparaît elle aussi. La siuation économique est catastrophique à la moitié du IIIe siècle, et les populations éprouvent beaucoup de mal à s'alimenter correctement, ce qui ne manque pas de provoquer de graves émeutes, à ROME même. D'autant plus, un malheur n'arrivant jamais seul, que de terribles épidémies de peste frappent ROME et l'EMPIRE, contre lesquelles les médecins sont impuissants, et peuvent en quelques jours décimer la population.

RELIGIONS NOUVELLES, FACTEURS DE TROUBLES

communauteLa société est travaillée par l'apparition de nouvelles religions ; la religion païenne romaine traditionnelle, avec sa multitude de Dieux et Déesses, est toujours la religion d'Etat en laquelle s'incarne et se divinise la personne de l'Empereur, qui rassemble la grande majorité de la population ; à ses côtés, coexistent toutes les nouvelles religions orientales, qui s'agrègent à la religion d'état et ne s'opposent en rien à la primature du culte impérial. Il y a surtout cette nouvelle réligion venue de Judée, le Christianisme, qui est très minoritaire dans l'Empire où elle ne compte que quelques centaines de milliers de fidèles. Mais c'est la plus active, celle surtout qui se répand le plus vite dans la population. Mais elle est monotheiste et ne vénère qu'un Dieu unique, excluant totalement le culte impérial de son dogme, l'Empereur figurant au rang des simples mortels et ne pouvant en rien être reconnu à l'égal d'un dieu, ce qui serait pêché mortel pour un chrétien !

Depuis 236, la chrétienté s'est donné un nouveau Pape, qui présente la particularité d'être le premier laïc élu, FABIEN. Excellent administrateur, il a réorganisé l'église de Rome en la divisant en sept diaconats, dirigés chacun par un Diacre.

En cette période lointaine où les premiers chrétiens vivent surtour dans les provinces orientales de l'Empire, l'histoire a qualifié Fabien de d'Evangélisateur des Gaules, car il y délégua pour y prêcher l'Evangile et l'organiser solidement l'église sept missionnaires, tous entrés dans notre histoire pour l'action qu'ils menèrent et le martyre qu'ils reçurent :

  • Paul, saint, premier evêque de Narbonne ;
  • Trophime, saint, premier évêque d'Arles ;
  • Martial, saint, premier évêque de Limoges où il établit son siège épiscopal après avoir prêché à Bordeaux, Poitiers et Saintes ;
  • Autremoine (Stremonius), saint, premier évêque de Clermont ;
  • Gatien, saint, premier évêque de Tours ;
  • Denis, saint, premier évêque de Paris ;
  • Saturnin (ou Sernin), saint, premier évêque de Toulouse

PHILIPPE L'ARABE TRAHI PAR DECE

philippe arabePhilippe l'Arabe, premier empereur africain de RomeC'est une relative accalmie dans la "chasse" aux chrétiens qui permit à Fabien de prendre ces initiatives ; mais aussi parce que en février 244 a été acclamé Empereur par ses troupes le syrien Philippe l'Arabe, dans les troubles qui suivent la défaite et la mort au combat contre les Perses de Gordien III. Philippe réussit à faire la paix avec les Perses en leur versant une très forte rançon, et réorganise l'armée d'orient en mettant à sa tête ses proches. A ROME, il coupe avec la politique précédente en se montrant ouvert au dialogue et en recevant les forces nouvelles qui agitent la société, au premier rang desquels les chrétiens. Philippe se montre bien disposé à leur égard, les reçoit auprès de lui, se fait expliquer leur religion. A tel point que certains l'accuseront d'être, 70 ans avant Constantin, le premier Empereur chrétien !

Le 21 avril 247, sous son règne, sont célébrés fastueusement les "Jeux Séculaires" qui fêtent le millénaire de la fondation de Rome.

Mais cette ouverture d'esprit ne sied à tous ses proches, et notamment au Préfet de la Ville, DECE, qui est son dévoué collaborateur et conseiller, mais un pur conservateur en matière politique et une sorte d'illuminé de l'ancienne religion traditionnelle pour lequel le sacrifice aux dieux est le centre de la pratique religieuse, tant il permet de ne pas provoquer la colère des dieux et leur vengeance sur les humains par toutes sortes de malheurs qu'ils déversent sur les fidèles irrespectueux.

Et les Dieux sont très en colère contre ROME, tant les malheurs et les catastrophes s'abattent sur l'Empire en ce siècle maudit !

Des "usurpateurs" (militaires acclamés Empereur par leurs troupes) apparaissent, dont le plus dangereux pour lui est PACATANIUS, qui commande l'armée qui fait face aux Goths en "Moésie", les actuelles SERBIE et BULGARIE. Pacatanius pervient à les repousser et ses légionnaires, natifs de MOESIE, estiment que PHILIPPE l'ARABE ne fait rien pour ces populations, aussi acclament-ils PACATANIUS. PHILIPPE l'ARABE demande conseil à DECE, qui, avec beaucoup d'expérience, lui conseille de ne pas bouger, s'agissant d'une petite révolte qui va s'effondrer d'elle-même

PHILIPPE l'ARABE, peu rassuré, envoie cependant DECE auquel il a toute confiance, en MOESIE dont il fut gouverneur, pour mater la révolte et rétablir le calme ; comme il l'avait prévu, la révolte s'est calmé d'elle-même et PACATANIUS a été assassiné par les mêmes troupes qui l'avaient acclamé EMPEREUR ! Mais le prestige et la réputation de DECE, considéré comme un vrai dur, impressionne les troupes désemparées et sans chef. Natif de Pannonie mais ancien gouverneur de MOESIE, DECE comprend bien les légionnaires et les problèmes qu'ils exposent et sait leur montrer montrer tout son intérêt ! A son corps défendant, ces troupes l'acclament comme EMPEREUR et font part de leur intention de marcher avec DECE à leur tête sur ROME pour le faire reconnaître Empereur par le SENAT. Il s'agit des troupes les plus aguerries et résistantes de l'EMPIRE, et DECE sent bien leur détermination ; il répond donc positivement à leur détermination et marche sur ROME

PHILIPPE l'ARABE n'a plus avec lui que les quelques légions de réserve de l'armée impériale à lui opposer, formées de légionnaires peu expérimentés ; malgré sa très nette infériorité numérique, il affronte DECE en ITALIE du NORD, près de Vérone à l'automne 249 ; mais la bataille est trop disproportionnée et il perd la vie, avec nombre de ses légionnaires, dans ce combat.

 

DECE TRAJAN, EMPEREUR DES ROMAINS

Trajan DeceTrajan Dece était le chef de la Garde PrétorienneDECE a dès lors la voie libre vers ROME, où le SENAT le légitime

Conservateur, DECE met en oeuvre la politique en laquelle il croit pour sauver l'EMPIRE : celle héritée du principat d'AUGUSTE : l'obeïssance, la Piété, la Pudeur pour la femme romaine, la fertilité ; c'est dans la mise en oeuvre de la  Piété que DECE va acquérir devant l'histoire, malgré la brièveté de son règle, le statut de grand persécuteur des chrétiens.

Car DECE croit sincèrement en la religion traditionnelle de ROME, et dans les sacrifices dont les fidèles doivent abreuver les Dieux afin que ceux-ci ne manifestent par leur courroux ; or, en ce milieu de IIIe sièce, ils sont, vu les malheurs qui s'abattent sur ROME, très courroucés !
Ses premieres décisions d'Empereur consistent à rétablir de manière obligatoire le culte traditionnel autour de l'Empereur, pour bien manifester l'unité de l'Empire autour de son maître.

Il exige donc que ce culte devienne obligatoire, mais en sus que chaque citoyen sacrifie publiquement à ce culte et qu'aucun ne puisse y déroger sous peine de mort.
Pour cela, il s'appuie sur les registres nominatifs des impôts, et décide que chaque citoyen recevra après accomplissement du sacrifice, une attestation officielle, un "libellus", témoignant qu'il a bien accompli la volonté impériale. Faute d'obéïssance, la sanction est terrible puisqu'elle va jusqu'à la mort ! Cette édit est clairement dirigé contre les chrétiens, qui ne peuvent, sous peine de pêché mortel, avoir un autre Dieu que le leur.

Quelles ressources ont donc les chrétiens pour faire face :

  • soit résister et refuser le sacrifice ; c'est celle de la hiérarchie catholique. Pour faire un exemple, DECE fait arrêter le Pape FABIEN, le fait torturer, puis décapiter sur la VIA APPIA le 20 janvier 250. 
  • soit s'enfuir : ceux qui le peuvent, quittent la ville et se retirent dans leurs propriétés lointaines ; les fidèles eux peuvent fuir les villes et se réfugier dans les forêts aux marges de l'Empire où elles deviennent la proie des barbares qui leur font subir les pires outrages avant de les exterminer. Plusieurs milliers de chrétiens seront martyrisées dans ces conditions.
  • soit acheter un certificat de complaisance, les autorités acceptant alors un sacrifice de complaisance
  • soit procéder au sacrifice ordonné par l'Empereur ; ils seront nommés les "lapsi" et la question de leur réintégration au sein de l'église se posera après la fin des persécutions en 251.

 

 

cirqueChrétiens sacrifiés dans le cirque romainMalgré le retour sanglant à la tradition romaine séculaire, aucun des problèmes affrontés par ROME n'est résolu :
Les frontières sont toujours aussi poreuses et font face aux invasions sans cesse plus profondes des peuples barbares
Les épidémies de peste ou de typhus continuent leurs ravages, faisant plusieurs milliers quotidiens de morts à ROME où les cadavres jonchent les rues
Dans ces conditions, l'économie est dans un état désastreux, dans l'impossibilité d'apporter le minimum vital dans les grandes villes de l'Empire.
En MOESIE, les Goths et les Dasques réunis sous la bannière du roi CRIVA ont de nouveau franchi le DANUBE et s'enfoncent très profondément en territoire impérial, pillant les villes, massacrant les habitants ou les faisant prisonniers pour les revendre comme esclaves.

la situation est tellement grave que DECE doit lever des troupes pour partir sur place, avec son fils aîné dont il voulait faire son successeur, et écraser définitivement les barbares.
Les combats dureront six mois et tourneront tantôt à l'avantage des uns, tantôt à l'avantage des autres. A l'été 251, DECE qui a remporté quelques succès, plutôt que de renforcer ses frontières, décide de poursuivre ses ennemis et leur coupe la route dans la plaine de la DOBROUDJA ou va se dérouler le combat décisif.
Or il n'a pas lieu en milieu découvert, terrain les légions peuvent se déployer et user de toute leur puissance, mais dans des sols marécageux favorables au combat individuel où excellent les Goths.
Le fils de DECE périt d'abord sous une flèche ennemie, mais son père continue à exalter ses troupes au combat en criant que "la mort d'un soldat n'est pas une grande perte pour la république" ; puis c'est lui-même qui succombe, entraînant dans la mort une grande partie de son armée. Destin terrible pour celui qui avait voulu restaurer la grandeur de ROME en persécutant les chrétiens, et dont le fils cadet laissé à ROME pour perpétuer la dynastie, mourut au même moment de la poste
Dépouillé de son armure et de ses vêtements, le corps de DECE sera ainsi abandonné sur le champ de bataille et ne sera jamais retrouvé.
Quelques années plus tard, le grand historien chrétien LACTANCE écrira de DECE dans son ouvrage LA MORT DES PERSECUTEURS ces paroles terribles : "Car étant allé contre les Carpes, qui s'étaient emparés de la Dacie et de la MSsie, il fut enveloppé par ces barbares, qui le tuèrent avec une partie de ses troupes. Il ne jouit pas même des honneurs du tombeau, et son corps n'eut pour sépulture que le ventre des bêtes sauvages et des vautours, comme le méritait un ennemi de Dieu."

Bien que très bref, son règne laisse des traces terribles dont des monuments comme la Basilique SAINT SERNIN nous restituent le souvenir.

LE MARTYRE DE SAINT SATURNIN (ST SERNIN)

saturnin taureauTiré par le taureau furieux qui devait être sacrifié aux dieux romains, la tête de l'Evêque Saturnin va éclater sur les marches du temple. Son corps sera tiré jusqu'à l'actuelle rue du TaurMême à TOULOUSE, l'antique TOLOSA, ville impériale éloignée des marches de l'Empire et des incursions barbares, l'Edit de DECE eut des effets désastreux.
La petite communauté chrétienne dont SATURNIN est le premier Evêque est soumise à l'obligation de sacrifice au culte impérial. Pour célébrer la messe, SATURNIN place plusieurs fois par jour devant le TEMPLE, installé sur l'actuelle Place Esquirol ; les Prêtres et les fidèles de l'ancienne religion lui enjoignent de venir sacrifier avec eux un taureau qu'ls s'apprêtent à égorger pour l'honneur et l'apaisement de leurs dieux. Le refus de SATURNIN leur est insupportable, d'autant plus qu'il outrage une volonté impériale qui l'expose au châtiment de mort. Ils l'attachent donc au taureau, rendu furieux par leurs soins, qui descend les marches du TEMPLE entraînant avec lui SATURNIN dont la tête explose sur les premières marches. Il traînera ainsi le corps de SATURNIN en empruntant l'actuelle rue St Rome, la Place du Capitole puis la rue du Taur où le corps se détachera devant l'actuelle église du Taur. La rue du Taur et l'église Notre-Dame du Taur commémorent le parcours sanglant et la mort de saint Saturnin. 

Une modeste basilique fut érigée au Ve siècle, au dessus de sa sépulture (le nom de saint Sernin est une transposition occitane de Saturnin). L'exceptionnelle popularité du martyr toulousain contribua vite à l'afflux des pélerins.
La communauté de chanoines qui assurait la garde des reliques se vit contrainte de voir très grand pour mieux accueillir les pèlerins. Ainsi fut élevée au XIe siècle la basilique actuelle. L'essor du pélerinage de Compostelle ne tarda pas à faire de Toulouse une étape incontournable. L'autel, le chevet et le transept furent consacrés en 1096 par le pape Urbain II. Mais la construction se poursuivit tout au long du XIIe siècle. Les constructeurs utilisèrent d'abord la pierre et la brique, jusqu'à la hauteur des tribunes. Mais la cherté de la pierre les contraignit à n'utiliser que la brique dans les parties hautes de l'édifice. Un magnifique cloître et une importante abbaye flanquaient le nord de la basilique. Tou fut rasé au-cours des premières années du XIXe siècle. Le musée des augustins recueillit alors une partie des sculptures.
Vers le milieu du XIXe siècle, l'architecte Viollet-le-Duc réalisa une longue série de restaurations. Elles furent reprises par le service des monuments historiques entre 1968 et 1998.

 

AUTOUR DE LA BASILIQUE: l'EXTERIEUR

 

01 sernin



  TOUJOURS SE MUNIR D'UN PLAN :

Plan St Sernin

 

POINTS DE VUE SUR LA BASILIQUE !

Les travaux s'étalèrent de 1070 au XVIe siècle, et pourtant jamais on n'acheva les tours occidentales. L'édifice est d'une parfaite cohérence, puisque les constructeurs respectèrent le projet initial bien au-delà de la période romane. Par sa structure, Saint Sernin appartient à la famille des églises dites "à reliques et à pélerinages" : vaste nef flanquée de collatéraux, large transept saillant, choeur profond entouré d'un déambulatoire avec chapelles rayonnantes.
Longue de 115 mètres et large de 64 mètres (à la hauteur du transept), Saint Sernin reste la plus grande basilique romane du monde encore debout ... et sans doute la plus belle.
Son clocher, de plan octogonal, révèle deux étapes de construction : une étape romane, reconnaissable à ses trois niveaux d'ouverture en plein cintre ; une étape gothique, avec ses deux niveaux d'ouvertures en arc en mitre, surmontés d'une flèche sommée d'une croix dominant l'édifice à 65 mètres.
Le transept était accessible par chacun des croisillons. Seul a été conservé le double portail du croisillon sud appelé "porte des comtes", à cause de l' enfeu des comtes de Toulouse qui le flanque..
La porte Miègeville ouvre sur le flanc sud de la basilique. La porte restaurée, sur le flanc nord, donnait accès autrefois au cloître de l'abbaye. Sur la façade ouest, le corps central comprend un double portail surmonté de cinq arcs et d'une grande rose, qui aurait dû recevoir un remplage gothique si le massif occidental avait été achevé.

Il est préférable de commencer la visite à l'extérieur et par le chevet. Il est dominé par un imposant clocher octogonal à cinq niveaux d'arcs. Une admirable harmonie se dégage de l'étagement des masses : les cinq chapelles ouvrant sur les bras du transept ... et la ligne continue des fenêtres des tribunes

LE CHEVET

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LA PORTE OCCIDENTALE

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LA FACE SUD

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LA FACE NORD

Au-cours des siècles, le côté nord de la Basilique avait reçu des rajouts, pour permettre aux moines séculiers qui assuraient le service de s'y établir ; c'est ainsi qu'une abbaye avait êté rajoutée à la face nord, comprenant en outre la maison de l'Abbé, les pièces communes et un cloître. Elle était cloturée d'un haut mur, comme en atteste le magnifique portail en pierre qui a été conservé devant la Porte Miègeville.

 

saint sernin cloitre light

 

basilique north fusain
 
 
 
 
nord arriere 1024Face nord du Chevet

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LA PORTE DES COMTES ET L'ENFEU DES COMTES DE TOULOUSE

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Dirigeons-nous vers le croisillon sud du transept. Le double portail formant la "porte des comtes" présente un ensemble de chapiteaux caractéristiques des premiers balbutiements de la sculpture romane, puisque antérieurs aux années 1082-1083. Nous sommes là face au plus ancien portail de la Basilique ; il comporte deux baies jumelles, avec des portails inspirés de ceux des villes romaines, qui donnent accès au transept. Trois reliefs en ornent la façade au-dessus des portes : au centre, le plus important, encadré par deux lions, la été burinée pendant la révolution ; il a conservé sur son arcade la gravure : "Sanctus Saturninus", indiquant qu'elle comportait une représentation du saint Patron de la Basilique, Saint Saturnin ; ceux des extrêmités ont également été détruits.
Les colonnes qui encadrent le portails se terminent par des chapiteaux historiés mettant en scène damnation et salut de l'âme, version médiévale du vice et de la vertu.

Ces chapitaux historiés sont très anciens, car antérieurs aux années 1082-1083 :

La plus célèbre est celui de "Lazare et du mauvais riche" ; le riche est assis à sa table et mange sans la moindre attention pour son entourage ; Lazare se trouve à sa gauche, affamé, appuyé sur un bâton. Seuls des chiens qui lui lèchent les pieds lui montrent de l'intérêt. Sur la suivante, l'âme de Lazare, sauvée, figure dans une mandorle que deux anges élèvent : il a gagné la vie éternelle.

Les suivants concernent les péchés et les vices, les tourments éternels que subiront ceux qui se rendent coupables des péchès capitaux :

  • l'avare est pendu avec une énorme bourse lestant son cou ;
  • deux serpents mangent les seins nus de la femme luxurieuse ;
  • un monstre à une tête et deux corps mange la tête d'un damné coupable d'abus de nourriture et de boisson ;
  • deux démons triturent avec une sorte de fourche la bas-ventre de l'homme luxurieux.

Sur la colonne centrale, une scène énigmatique :

  • un homme assis, tenant un bâton se termiant en volute, essaie de se lever ; deux personnages semblent le soutenir en tenant ses avant-bras levés.

A gauche de la "Porte des Comtes", dans une niche du mur de la Basilique, l'ENFEU des Comtes de Toulouse ; l'Enfeu est un sarcophage, ou un ensemble de sarcophages, encastré dans le mur d'un édifice religieux, généralement réservé à la noblesse. Ceux de St Sernin, très dégradés, ont été remplacés par des moulages et sont maintenant présentés à l'intérieur de la Basilique ; ils contenaient la dépouille des Comtes de Toulouse Guillaume Taillefer (1030) et de son fils, Pons III.

LA PORTE MIEGEVILLE 

La Porte Miegeville (1110-1115) est situé sur la face sud de l'édifice, dans l'axe de la rue du Taur, qui avec la rue de Rome constituait depuis la Place Esquirol, centre de la Cité romaine, l'axe nord - sud qui coupait la ville en son milieu, reprenant le tracé de l'ancienne voie romaine, le "cardo maximus", que parcourut le taureau furieux traînant depuis le forum (actuelle Place Esquirol) le corps attaché et désarticulé de St Satunrin, jusqu'à la rue du Taur, au niveau actuel de l'Eglise éponyme.

porte miegeville 1832Représentation de la Porte Miegeville en 1832

Bien que dotée d'un seul portail, elle constitue de par son positionnement, l'entrée principale de la Basilique, la seule comportant également un tympan et un linteau historié.Elle doit son nom à ce positionnement, "Miègeville" étant la transposition de son nom occitan "Miéja Vila" qui la situait face à la rue qui parcourait le Centre Ville.

L'avant-porte renaissance :

Elle est précédée de l'avant-porte renaissance, qui est l'unique vestige demeurant de l'ancienne abbaye greffée à la Basilique ; elle est de style renaissance, mais était très dégradée et sale au XIXe siècle, de telle sorte que les travaux de restauration de Viollet-le-Duc : couronnement d'un fronton triangulaire à la place du semi-circulaire en place jusque là, reconstitution de la sculpture du tympan en motifs floraux (plateresque).

Sur les quelques mètres séparant les deux portes, bordées par des grilles forgées, quelques pannonceaux pour renseigner les visiteurs, notamment celui de l'UNESCO informant que ce bâtiment est classé sur la liste des chefs d'oeuvre de l'humanité au titre des Chemins de Compostelle

La porte Miègeville : tympan et linteau

Le tympan l'un des premiers de l'art roman, classé en raison de représente l'Ascension de Jésus-Christ, représente la part céleste de l'oeuvre ; entouré de six anges, le Christ est le personnage central, le plus grand. Il est debout, mains levées, sa tête auréolée regardant vers le ciel est dissimulée par les nuées. Soutenu par deux anges, il a déjà quitté la terre et se trouve déjà au royaume céleste. La présence des six anges témoigne de sa divinité : de part et d'autre de Jésus, deux anges l'élèvent ; les deux suivants, aux grandes ailes, profondément recueillis l'accompagnent de leur regard et du geste de leurs bras ; les deux recroquevillés dans les coins l'acclament.

Tympan Porte Migeville

Le linteau est la part terrestre et complémentaire de l'oeuvre : à chacune des ses extrêmités, deux anges coiffés d'un bonnet pointu encadrent les douze apôtres compagnons du Christ ; ils les encouragent  pour apporter sur la terre entière la nouvelle de la Résurrection du Christ. Les douze apôtres ont le visage tourné vers le ciel et assistent à l'Ascension, marquant leur surprise par des gestes sujectifs qui traduisent leur émotion.

Les consoles :

A chaque extrêmité, le linteau est soutenu par des consoles dont la face interne a été historiée :

Celle de gauche représente le roi David, en musicien barbu et couronné, tenant dans sa main gauche un instrument à cordes et dans la droite un archet ; il est assis sur deux lions qui se croisent en X dans son dos, et dont les gueules ressortent de chaque côté de ses épaules. Celui-ci est le souverain idéal, symbôle du pardon et du rachat ; il a commis une grande faute (adultère avec Bethsabée), mais il s'en est confessé et a montré le restant de sa vie qu'il s'agissait d'une erreur passagère ! Il est donc également symbôle du pardon.

Celle de droite est plus énigmatique :  deux anges à visage pouppin, coiffés d'une sorte de bonnet phrygien (comme ceux du linteau), chevauchent chacun un lion dont ils ramènent avec leur bras la tête sur leur genou. Chacun a un pied chaussé, l'autre nu.

Pour beaucoup de commentateurs les deux linteaux sont complémentaires ; les lions symbolisent le mal que le Roi David et les Anges combattent et jugulent.

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Les chapiteaux en tête de colonnes de la Porte Miègeville sont historiés :

Annonciation et visitation

Marie, cheveux voilés, un bras plié, l'autre tendu, mais paumes ouvertes accepte l'annonce que l'Ange Gabriel, que l'on reconnait à ses ailes et à la croix qu'il porte, vient de lui signifier comme quoi elle a été choisie comme Mère de Jésus-Christ, fils de Dieu. C'est l'Annonciation.
Sur l'autre face du même chapiteau, elle étreint sa cousine Elisabeth, enceinte de Jean-Baptiste, en présence d'un ange qui porte une croix et un livre ; c'est la "Visitation"..

Le massacre des innocents

Sur une face, un soldat tient dans une main son glaive et dans l'autre la tête d'un enfant qu'il s'apprête à massacrer ; sur l'autre face, d'autres mères dans l'affliction amènent leur nouveau-né qui va être sacrifié pour satisfaire la volonté du roi Hérode, auquel ses mages ont annoncé la naissance du Roi des Juifs, qui fait tuer les nouveaux nés pour éliminer tout rival éventuel. Jésus, sur l'initiative de Joseph, sera conduit en Egypte, pour échapper à ce massacre.

Expulsion d'Adam et Eve du Paradis terrestre

Nus, un homme et une femme qui tentent de cacher leur nudité avec une feuille de vigne, et symbôlisent Adam et Eve chassés de l'Eden pour avoir mangé le fruit de l'arbre de la connaissance. D'abord Eve, tentée par le serpent, puis Adam ; Eve représente le "mal" pour les chrétiens de cette époque.

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Les statues :

De chaque côté, tympan et linteau sont encadrés d'une grande statue.

Saint Pierre :

C'est la statue de droite, facilement reconnaissable car son nom est gravée et il porte le trousseau de clés, symbole pour les chrétiens du royaume des cieux. Jésus lui a confié la direction de la future église ; son oeuvre missionnaire l'a conduit jusqu'à Rome, où il fut martyrisé sous Néron.

Un bas relief au-dessus de sa tête représente deux Anges, porteurs d'une couronne et d'une hostie, symbôles du pouvoir que lui a confié Jésus Christ.

Sous ses pieds, Simon le Magicien, assis sur un fauteuil que deux démons effrayants, tentent vainement d'envoyer vers le ciel ; mais Simon le Magicien n'accèdera jamais à l'ascension : il a été condamné par Pierre auquel, après son baptême chrétien, il avait voulu acheter le pouvoir de faire des miracles. Il a donné son nom à la "simonie", qui est le fait de vendre des biens religieux contre des biens temporels, fortement condamnée par la réforme grégorienne.

Saint-Jacques :

La statue de gauche représente Saint Jacques ; son nom est gravé sur le limbe et il porte les Evangiles. Persécuté par Hérode, il fut martyrisé et son corps arrivé en Espagne et inhumé à Saint Jacques de Compostelle est à l'origine du Pélerinage qui enflamma la chrétienté durant plusieurs siècles et dont la Basilique Saint Sernin constituait l'une des étapes les plus glorieuses.

Le sens de la plaque qui le surmonte est encore indécise : deux hommes assis face à face semblent prisonniers dun "rinceau" de feuillages.

La plaque en-dessous n'est guère plus compréhensible : deux femmes sont assises, chacune sur le dos d'un lion qui sont positionnés dos à dos, dans des directions opposées ; derrière elles, un homme, assis également, les bras ouverts tient avec ses mains leurs têtes qu'il semble vouloir rapprocher et rassembler. Pour  , le Patriarche serait Abraham, les deux femmes ses épouses Sarah et Agar, symbôles de l'ancien et du nouveau testament, qui se scrutent l'un l'autre pour se révéler complètement. Le trio incarne le fondement de la chrétienté, et rappelle l'accomplissement de l'ancien testament par le nouveau, que Jésus est bien le messie.

Les médaillons :

DANS LA BASILIQUE : 

 

peintures romanes

 

La Basilique est si riche que sa visite peut-être abordée selon diverses thématiques :

  • pour l'architecte, par l'équilibre parfait, l'harmonie, la simplicité et le raffinement de ses formes et dimensions, le refus de tout excès, produisant cette impression de sérénité, d'apaisement , de calme infini commun aux édifices romans ;
  • pour le croyant et le pèlerin de saint Jacques, c'est l'édifice sacré renfermant le plus de reliques sacrées et de saints de tout l'occident chrétien ;
  • pour l'historien d'art, c'est un musée unique de la sculpture romane, alliant les représentations héritées des camées carolingiens du déambulatoire, aux premières et maladroites sculptures romanes de la porte des Comtes, jusqu'au roman accompli et maîtrisé de la porte Miègeville dont les chapiteaux et le tympan, véritables bandes dessinées pour l'édification des pèlerins de saint Jacques parlaient si bien à nos lointains ancêtres et dont nous avons perdu le sens aujourd'hui
  • pour le peintre, c'est l'écrin de peintures romanes visibles encore aujourd'hui et que le temps efface aussi sûrement qu'inéluctablement.

LES PEINTURES MURALES

Elles se trouvent sur le côté septentrional de l'édifice, plus particulièrement dans la nef ou à proximité de la nef.

peintures

C'est le cas pour les deux premières que nous allons découvrir, qui se trouvent sur les deux dernières piles qui séparent les collatéraux ; ces deux peintures, d'égale dimension, se font face à une hauteur importante. Elles sont datées approximativement de l'année 1140 ; côté occidental, nous trouvons le fameux "Noli me tangere"

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noli me tangere

 

"Noli me tangere", "Ne me touche pas", sont les paroles du Christ ressuscité lorsqu'il aparaît à Marie-Madeleine. Dans la peinture religieuse, les "Noli me tangere" sont un classique, une figure de style académique auquel les plus grands peintres, du Giotto à Titien, se sont essayés au-cours des siècles.

Celui de Saint-Sernin est infiniment modeste ; en sus, les couleurs disparaissent et le dessin s'efface. Malgré les très nombreuses photos prises, avec ou sans aide de lumière artificielle, l'outrage de dix siècles semble irrémédiable. On distingue bien cependant les pieds rentrants et dansants du Christ ; les spécialistes rapprochent ce style à l'art du sculpteur Gilabertus qui fut actif au XIIe siècle dans le cloître de la Cathédrale Saint-Etienne.

La seconde oeuvre, côté oriental, représente un ange assis sur un nuage.

La plus vaste des peintures murales romanes de Saint-Sernin se trouve sur le croisillon nord du transept. Elle aurait été peinte vers 1180 ; c'est une très vaste composition haute de 7 m 75 sur 3 m 30 de large ; en cinq tableaux superposés, elle traite du thème de la résurrection :

resurrection net
  • le premier tableau, en bas, à droite de la porte d'un escalier d'accès aux tribunes,traite de la mort de Jésus, figuré par deux soldats gardant le tombeau dans lequel le corps a été placé après sa mort sur la croix. On ne distingue plus désormais que les boucliers des soldats.
mortLa mort de Jésus
  • le second traite de la résurrection : le matin de Pâques, les Saintes Femmes (Marie, mère de Jacques ; Salomé et Marie-Madeleine) viennent oindre d'huile le corps du Christ. L'Ange de la résurrection leur montre le tombeau vide
resurrection
 
  • la troisième composition est relative à l'annonce de la venue d'un Messie : Jérémie à droite, Isaïe (?) à gauche, deux prophètes de l'ancien testament qui ont annoncé la venue d'un Messie pour sauver le peuple hébreu, adorent l'image du Christ ressuscité au-dessus d'eux
prophetes
  • le quatrième tableau représente au centre le Christ ressuscité, en majesté dans une mandorle, tel qu'on le retrouve sur le bas relief du déambulatoire, présentant le Livre ; de part et d'autre, alpha et oméga rappellent qu'il est principe et fin de toute chose. Il est entouré de deux personnages sacrés, auréolés de lumière : Marie, sa mère, symbôle de l'incarnation et Jean-Baptiste, son cousin, prophète qui a annoncé la venue du Messie et a l'a baptisé dans le Jourdain, symbôle de rédemption.

majeste
  • le cinquième thème n'est plus visible ; il représentait deux anges agenouillés, témoins de la Résurrection, qui entouraient une image du Christ ressuscité, effacée également.

 

Toujours dans le collatéral ouest, dans l'angle où est exposé l'original du sarcophage paléochrétien dit "du Comte de Toulouse Guillaume Taillefer" (fin du IVe - début Ve), dans une niche, protégé par une vitrine, est présenté un portrait de saint Augustin donnant sa règle monastique. Il ornait, nous dit-on, initialement une niche du cloître ; bien que le temps le dissolve peu à peu, une représentation ancienne nous indique que saint Augustin est accompagné par deux clercs tonsurés : l'un porte la crosse épiscopale, l'autre, dont on ne devine plus qu'un pupitre, écrivait sous la dictée du saint.

Derrière le sarcophage, très peu visible, les restes d'une importante crucifixion :

augustin
 
augustin1
 
 
crucifixion

  

 

LES RELIQUES

Toute l'architecture et l'histoire de la basilique Saint-Sernin ne peuvent être comprises hors de deux réalités religieuses :

  • le pélerinage
  • le culte des reliques

La Basilique Saint Sernin est l'église de France la plus richement dotée en reliques de saints.
Les reliques sont les restes d'un saint, soit corporels, soit objets matériels ou morceau de vêtements qui furent siens. Parce que sa vie fut exemplaire d'une foi remarquable, le Saint est proche de Dieu et peut intervenir en faveur du croyant qui l'invoque
Ils sont conservés dans des coffrets, souvent en métaux précieux et richement décorés ; à saint Sernin, ces reliques sont présentées dans le déambulatoire et la crypte.

Ceux-ci avaient pour but de célébrer et d'honorer les saints et, à travers eux, le Christ ressuscité.
La foi médiévale avait une forte percetpion de la réalité du péché. Une grande préoccupation de la mentalité religieuse était pour chacun de faire son salut, malgré ses péchés, et de passer, au moment de sa mort, de ce monde en paradis, évitant la damnation éternelle.
Les pélerinages et la vénération dont étaient entourées les reliques pouvaient être un moyen d'expier des fautes parfois lourdes. Ils avaient le plus souvent pour but de solliciter la protection et l'intercession puissante des saints les plus réputés et les plus populaires, à l'occasion de toutes les circonstances importantes de la vie, ainsi que de remercier pour un bienfait obtenu.

Le Déambulatoire :

La basilique Saint-Sernin fait donc partie de cette catégorie que l'on appelle "église de pélerinage", par son plan caractéristique : deux doubles collatéraux de part et d'autre de la nef centrale, puis un déambulatoire, dispositif permettant la circulation des pélerins sans perturber les offices des chanoines. Le déambulatoire, au chevet de l'église, entoure le tombeau de saint Saturnin élevé sous le baldaquin baroque qui remplaça, au milieu du XVIIIe un premier baldaquin gothique élevé au XIIIe siècle.

Le "Tour des Corps Saints"

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Ce déambulatoire, dont les piliers et les colonnes s'ornent de chapiteaux les plus anciens de la basilique, est appelé "tour des corps saints" car il présente à la vénération des fidèles une part des nombreuses et précieuses reliques que possède la basilique. Dans le mur extérieur des six travées du déambulatoire, entre les cinq chapelles rayonnantes, ont été creusées des niches destinées à accueillir les reliques des saints les plus populaires. Les armoires sculptées et dorées, installées au XVIIe siècle dans les chapelles voisines, renferment les reliquaires de ces mêmes saints. La chapelle d'axe, dédiée au Saint-Esprit conserve des statues du XVIIe siècle et un autel de Viollet-le-Duc.
En face, sur le mur extérieur de la crypte, ont été encastrés sept bas reliefs de marbre : un séraphin et un chérubin, ainsi que deux apôtres et deux anges encadrent un exceptionnel Christ en majesté entouré des symbôles des quatre évangélistes. Ce bas-relief, dont le style s'inspire des ivoires carolingiens, est contemporain du maître-autel roman consacré en 1096.

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La plupart des reliquaires et des oeuvres d'orfèvrerie constituant le trésor de Saint Sernin ont disparu pendant la révolution.

La crypte supérieure, on trouvera la châsse de saint Honoré en cuivre argenté, vers 1517.

En face sont rassemblés les objets les plus anciens du trésor : notamment le reliquaire de saint Saturnin (début du XIIIe siècle) et le reliquaire de la Vraie Croix, en émail de Limoges (fin XIIe siècle).
Dans les quatre vitrines murales on pourra voir les diverses pièces d'orfèvrerie religieuse du XIXe siècle. 

La crypte inférieure présente dans les six chapelles les châsses de plusieurs apôtres, des saints Philippe et Jacques le Mineur, Simon et Jude,  Symphorien et Castor,  Jacques le Majeur,  Edmond,  Gilles, et le reliquaire de la Sainte Epine.

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 LA ROUTE DU SUD

Après la résurrection du Christ, les apôtres, ses disciples, partirent évangéliser le monde. L'évangélisation de la péninsule ibérique fut attribuée par la légende à saint Jacques.
Sa sépulture fut miraculeusement découverte, vers 820-830 en Galice, et les chrétiens d'Espagne firent de saint Jacques le porte drapeau de la reconquête des territoires occupés par les Maures musulmans.
Faire voeu de pélerinage, c'était se lancer dans une dangereuse aventure avec foi et courage. Les routes suivies étaient jalonnées de lieux sanctifiés par des reliques précieuses ou par des manifestations surnaturelles. Les pélerins de Compostelle étaient reconnaissables à leur bâton de marche (bourdon), et à la coquille qu'ils accrochaient à leur chapeau.
Venus de toute l'Europe, les chrétiens empruntaient l'un des quatre itinéraires principaux permettant de franchir les Pyrénées pour atteindre Compostelle.
Le plus méridional, partant de la vallée du Rhône, était appelé "Via Tolosana" à cause du passage obligatoire par Toulouse. 
A Toulouse, la basilique Saint-Sernin, au même titre que l'abbaye des Jacobins, la Cathédrale Saint-Etienne ou l'Hôtel Dieu Saint Jacques restent toujours des haltes jacquaires éminentes, essentielles et prestigieuses, d'un très haut niveau spirituel pour les pélerins empruntant la "via Tolosana" (la plus au sud, reliant Arles à Saint Jacques via Auch et le col du Somport), tant par la qualité monumentale et spectaculaire de l'architecture des bâtiments des XIe et XIIe siècle, que par le renom des saintes et saints dont elles recèlent les reliques.

Certains pélerins s'efforcent de faire des films vidéo de ces merveilles et de nous les faire partager ; les deux films qui suivent se trouvent sur "YouTube" et sont très complets. Le premier traite des abords et de l'intérieur de la basilique Saint-Sernin, le second est spécificiquement consacré à la crypte.

Des détails supplémentaires peuvent être découverts sur le site de l'auteur, à l'adresse : https://vppyr.free.fr/

La basilique Saint-Sernin

La crypte de la basilique

Les chemins de pèlerinage ont été déclarés par le Conseil de l'Europe, en 1987, "premier itinéraire culturel européen". En 1998, ils ont été inscrits au patrimoine mondail de l'UNESCO sous la forme d'une série de monuments individuels d'une importante signification historique définissant le tracé des routes de pèlerinage en France (déjà l'Espagne avait obtenu en 1993 l'inscription du chemin de Saint-Jacques à partir des cols pyrénéens)..
De ce fait, la basilique Saint-Sernin est entrée dans le cercle prestigieux des monuments classés par l'UNESCO sur la route la plus méridionale vers Compostelle.

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Chemins de Saint-Jacques de Compostelle : la "Via Tolosana"

LA ROUTE DU SUD

Après la résurrection du Christ, les apôtres, ses disciples, partirent évangéliser le monde. L'évangélisation de la péninsule ibérique fut attribuée par la légende à saint Jacques.
Sa sépulture fut miraculeusement découverte, vers 820-830 en Galice, et les chrétiens d'Espagne firent de saint Jacques le porte drapeau de la reconquête des territoires occupés par les Maures musulmans.
Faire voeu de pélerinage, c'était se lancer dans une dangereuse aventure avec foi et courage. Les routes suivies étaient jalonnées de lieux sanctifiés par des reliques précieuses ou par des manifestations surnaturelles. Les pélerins de Compostelle étaient reconnaissables à leur bâton de marche (bourdon), et à la coquille qu'ils accrochaient à leur chapeau.
Venus de toute l'Europe, les chrétiens empruntaient l'un des quatre itinéraires principaux permettant de franchir les Pyrénées pour atteindre Compostelle.
Le plus méridional, partant de la vallée du Rhône, était appelé "Via Tolosana" à cause du passage obligatoire par Toulouse. 
A Toulouse, la basilique Saint-Sernin, au même titre que l'abbaye des Jacobins, la Cathédrale Saint-Etienne ou l'Hôtel Dieu Saint Jacques restent toujours des haltes jacquaires éminentes, essentielles et prestigieuses, d'un très haut niveau spirituel pour les pélerins empruntant la "via Tolosana" (la plus au sud, reliant Arles à Saint Jacques via Auch et le col du Somport), tant par la qualité monumentale et spectaculaire de l'architecture des bâtiments des XIe et XIIe siècle, que par le renom des saintes et saints dont elles recèlent les reliques.

Certains pélerins s'efforcent de faire des films vidéo de ces merveilles et de nous les faire partager ; les deux films qui suivent se trouvent sur "YouTube" et sont très complets. Le premier traite des abords et de l'intérieur de la basilique Saint-Sernin, le second est spécificiquement consacré à la crypte.

Des détails supplémentaires peuvent être découverts sur le site de l'auteur, à l'adresse : https://vppyr.free.fr/

La basilique Saint-Sernin

La crypte de la basilique

Les chemins de pèlerinage ont été déclarés par le Conseil de l'Europe, en 1987, "premier itinéraire culturel européen". En 1998, ils ont été inscrits au patrimoine mondail de l'UNESCO sous la forme d'une série de monuments individuels d'une importante signification historique définissant le tracé des routes de pèlerinage en France (déjà l'Espagne avait obtenu en 1993 l'inscription du chemin de Saint-Jacques à partir des cols pyrénéens)..
De ce fait, la basilique Saint-Sernin est entrée dans le cercle prestigieux des monuments classés par l'UNESCO sur la route la plus méridionale vers Compostelle.

 

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La crypte

La plupart des reliquaires et des oeuvres d'orfèvrerie constituant le trésor de Saint Sernin ont disparu pendant la révolution. On trouvera cependant dans la crypte supérieure la châsse de saint Honoré en cuivre argenté, vers 1517.
En face sont rassemblés les objets les plus anciens du trésor : notamment le reliquaire de saint Saturnin (début du XIIIe siècle) et le reliquaire de la Vraie Croix, en émail de Limoges (fin XIIe siècle).
Dans les quatre vitrines murales on pourra voir les diverses pièces d'orfèvrerie religieuse du XIXe siècle. 

La crypte inférieure présente dans les six chapelles les châsses de plusieurs apôtres, des saints Philippe et Jacques le Mineur, Simon et Jude,  Symphorien et Castor,  Jacques le Majeur,  Edmond,  Gilles, et le reliquaire de la Sainte Epine.

 

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Le "Tour des Corps Saints"

LES RELIQUES

Toute l'architecture et l'histoire de la basilique Saint-Sernin ne peuvent être comprises hors de deux réalités religieuses :

  • le pélerinage
  • le culte des reliques

La Basilique Saint Sernin est l'église de France la plus richement dotée en reliques de saints.
Les reliques sont les restes d'un saint, soit corporels, soit objets matériels ou morceau de vêtements qui furent siens. Parce que sa vie fut exemplaire d'une foi remarquable, le Saint est proche de Dieu et peut intervenir en faveur du croyant qui l'invoque
Ils sont conservés dans des coffrets, souvent en métaux précieux et richement décorés ; à saint Sernin, ces reliques sont présentées dans le déambulatoire et la crypte.

Ceux-ci avaient pour but de célébrer et d'honorer les saints et, à travers eux, le Christ ressuscité.
La foi médiévale avait une forte percetpion de la réalité du péché. Une grande préoccupation de la mentalité religieuse était pour chacun de faire son salut, malgré ses péchés, et de passer, au moment de sa mort, de ce monde en paradis, évitant la damnation éternelle.
Les pélerinages et la vénération dont étaient entourées les reliques pouvaient être un moyen d'expier des fautes parfois lourdes. Ils avaient le plus souvent pour but de solliciter la protection et l'intercession puissante des saints les plus réputés et les plus populaires, à l'occasion de toutes les circonstances importantes de la vie, ainsi que de remercier pour un bienfait obtenu.

Le Déambulatoire :

La basilique Saint-Sernin fait donc partie de ce type d'églises que l'on appelle "église de pélerinage", par son plan caractéristique : deux doubles collatéraux de part et d'autre de la nef centrale, puis un déambulatoire, dispositif permettant la circulation des pélerins sans perturber les offices des chanoines. Le déambulatoire, au chevet de l'église, entoure le tombeau de saint Saturnin élevé sous le baldaquin baroque qui remplaça, au milieu du XVIIIe un premier baldaquin gothique élevé au XIIIe siècle.

Le "Tour des Corps Saints"

Ce déambulatoire, dont les piliers et les colonnes s'ornent de chapiteaux les plus anciens de la basilique, est appelé "tour des corps saints" car il présente à la vénération des fidèles une part des nombreuses et précieuses reliques que possède la basilique. Dans le mur extérieur des six travées du déambulatoire, entre les cinq chapelles rayonnantes, ont été creusées des niches destinées à accueillir les reliques des saints les plus populaires. Les armoires sculptées et dorées, installées au XVIIe siècle dans les chapelles voisines, renferment les reliquaires de ces mêmes saints. La chapelle d'axe, dédiée au Saint-Esprit conserve des statues du XVIIe siècle et un autel de Viollet-le-Duc.
En face, sur le mur extérieur de la crypte, ont été encastrés sept bas reliefs de marbre : un séraphin et un chérubin, ainsi que deux apôtres et deux anges encadrent un exceptionnel Christ en majesté entouré des symbôles des quatre évangélistes. Ce bas-relief, dont le style s'inspire des ivoires carolingiens, est contemporain du maître-autel roman consacré en 1096.

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Les peintures romanes

 


peintures_romanes

La Basilique est si riche que sa visite peut-être abordée selon diverses thématiques :

  • pour l'architecte, par l'équilibre parfait, l'harmonie, la simplicité et le raffinement de ses formes et dimensions, le refus de tout excès, produisant cette impression de sérénité, d'apaisement , de calme infini commun aux édifices romans ;
  • pour le croyant et le pèlerin de saint Jacques, c'est l'édifice sacré renfermant le plus de reliques sacrées et de saints de tout l'occident chrétien ;
  • pour l'historien d'art, c'est un musée unique de la sculpture romane, alliant les représentations héritées des camées carolingiens du déambulatoire, aux premières et maladroites sculptures romanes de la porte des Comtes, jusqu'au roman accompli et maîtrisé de la porte Miègeville dont les chapiteaux et le tympan, véritables bandes dessinées pour l'édification des pèlerins de saint Jacques parlaient si bien à nos lointains ancêtres et dont nous avons perdu le sens aujourd'hui
  • pour le peintre, c'est l'écrin de peintures romanes visibles encore aujourd'hui et que le temps efface aussi sûrement qu'inéluctablement.

Elles ont la spécifité de se trouver sur le côté septentrional de l'édifice, plus particulièrement dans la nef ou à proximité de la nef.

Emplacement des peintures romanes dans la basilique

C'est le cas pour les deux premières que nous allons découvrir, qui se trouvent sur les deux dernières piles qui séparent les collatéraux ; ces deux peintures, d'égale dimension, se font face à une hauteur importante. Elles sont datées approximativement de l'année 1140 ; côté occidental, nous trouvons le fameux "Noli me tangere"

noli me tangere "Noli me tangere"

"Noli me tangere", "Ne me touche pas", sont les paroles du Christ ressuscité lorsqu'il aparaît à Marie-Madeleine. Dans la peinture religieuse, les "Noli me tangere" sont un classique, une figure de style académique auquel les plus grands peintres, du Giotto à Titien, se sont essayés au-cours des siècles.

Celui de Saint-Sernin est infiniment modeste ; en sus, les couleurs disparaissent et le dessin s'efface. Malgré les très nombreuses photos prises, avec ou sans aide de lumière artificielle, l'outrage de dix siècles semble irrémédiable. On distingue bien cependant les pieds rentrants et dansants du Christ ; les spécialistes rapprochent ce style à l'art du sculpteur Gilabertus qui fut actif au XIIe siècle dans le cloître de la Cathédrale Saint-Etienne.

Ange asis sur un nuage

La seconde oeuvre, côté oriental, représente un ange assis sur un nuage.

La plus vaste des peintures murales romanes de Saint-Sernin se trouve sur le croisillon nord du transept. Elle aurait été peinte vers 1180 ; c'est une très vaste composition haute de 7 m 75 sur 3 m 30 de large ; en cinq tableaux superposés, elle traite du thème de la résurrection :

peinture romane basilique saint Sernin

  • le premier tableau, en bas, à droite de la porte d'un escalier d'accès aux tribunes,traite de la mort de Jésus, figuré par deux soldats gardant le tombeau dans lequel le corps a été placé après sa mort sur la croix. On ne distingue plus désormais que les boucliers des soldats.

mortMort de Jésus

  • le second traite de la résurrection : le matin de Pâques, les Saintes Femmes (Marie, mère de Jacques ; Salomé et Marie-Madeleine) viennent oindre d'huile le corps du Christ. L'Ange de la résurrection leur montre le tombeau vide

resurrectionLe matin de Pâques

  • la troisième composition est relative à l'annonce de la venue d'un Messie : Jérémie à droite, Isaïe (?) à gauche, deux prophètes de l'ancien testament qui ont annoncé la venue d'un Messie pour sauver le peuple hébreu, adorent l'image du Christ ressuscité au-dessus d'eux

prophetesL'annonce de la venue du Messie

  • le quatrième tableau représente au centre le Christ ressuscité, en majesté dans une mandorle, tel qu'on le retrouve sur le bas relief du déambulatoire, présentant le Livre ; de part et d'autre, alpha et oméga rappellent qu'il est principe et fin de toute chose. Il est entouré de deux personnages sacrés, auréolés de lumière : Marie, sa mère, symbôle de l'incarnation et Jean-Baptiste, son cousin, prophète qui a annoncé la venue du Messie et a l'a baptisé dans le Jourdain, symbôle de rédemption.

majesteChrist en majesté
  • le cinquième thème n'est plus visible ; il représentait deux anges agenouillés, témoins de la Résurrection, qui entouraient une image du Christ ressuscité, effacée également.

 

Toujours dans le collatéral ouest, dans l'angle où est exposé l'original du sarcophage paléochrétien dit "du Comte de Toulouse Guillaume Taillefer" (fin du IVe - début Ve), dans une niche, protégé par une vitrine, est présenté un portrait de saint Augustin donnant sa règle monastique. Il ornait, nous dit-on, initialement une niche du cloître ; bien que le temps le dissolve peu à peu, une représentation ancienne nous indique que saint Augustin est accompagné par deux clercs tonsurés : l'un porte la crosse épiscopale, l'autre, dont on ne devine plus qu'un pupitre, écrivait sous la dictée du saint.

Derrière le sarcophage, très peu visible, les restes d'une importante crucifxion :

augustinSt Augustin offre sa règle    augustin1Règle St Augustin    crucifixionCrucifixion

  
  

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