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Architecture monastique

abbey56Le développement de la vie monastique a très tôt rendu nécessaire la construction de bâtiments spécifiques ; dès la règle de saint Benoît, puis dans les textes établis par les cisterciens, est précisée la destination des divers édifices : 

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L'art roman en Midi - Pyrénées

patrimoine56La région Midi-Pyrénées est riche de monuments romans d'exception, souvent classés au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO, tant ils balisent des étapes clés dans la genèse de l'architecture et de la sculpture médievales, élevées par le génie humain vers des sommets artistiques uniques ; Saint-Pierre de Moissac, Saint-Pierre de Souillac, Notre-Dame de Conques, la Basilique Saint-Sernin de Toulouse, autant de haltes prestigieuses sur les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle, qui fascinent encore aujourd'hui les touristes séduits par la foi transcendante dont ces oeuvres millénaires témoignent, dans la grâce, la simplicité et l'harmonie des proportions et des formes de l'art roman. 

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Guerre aux démolisseurs

"O français, respectons ces restes !
Le ciel bénit les fils pieux
Qui gardent, dans leurs jours funestes,
L'héritage de leurs aïeux.

 

hugoVictor Hugo est âgé de 23 ans lorsqu'il publie, en 1825, ce pamphlet ; déjà considéré comme l'enfant prodige de la littérature, bien en cour et consulté par le monarque Louis Philippe sur les questions touchant la peine de mort à laquelle il est farouchement opposé - (il sera fait chevalier de la légion d'honneur cette même année) - il a été témoin des ravages et destructions indicibles et indignes infligés aux trésors architecturaux médiévaux par les spéculateurs, "la bande noire" disait-on à l'époque, qui les avait acquis pour une bouchée de pain lors de leur vente comme biens nationaux et réalisaient immédiatement leurs bénéfices en les détruisant pierre à pierre pour les revendre comme matériaux de construction.

Hugo fustige l'indifférence, voire la complicité des collectivités locales qui laissent faire sans réagir ces destructions criminelles du patrimoine et exige le vote d'une loi pour la protection patrimoniale.

Ces écrits, qui seront relayés tout au long du XIXe siècle par d'autres grands écrivains et intellectuels, sont le fondement du sentiment patrimonial unaniment partagé aujourd'hui

« Il faut arrêter le marteau qui mutile la face du pays."

" Une loi suffirait; qu’on la fasse."

"Quels que soient les droits de la propriété, la destruction d’un édifice historique et monumental ne doit pas être permise à ces ignobles spéculateurs que leur intérêt aveugle sur leur honneur; misérables hommes, et si imbéciles, qu’ils ne comprennent même pas qu’ils sont des barbares ! Il y a deux choses dans un édifice, son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde; c’est donc dépasser son droit que de la détruire »

" Il faut le dire, et le dire haut, cette démolition de la vieille France, que nous avons dénoncée plusieurs fois sous la restauration, se continue avec plus d’acharnement et de barbarie que jamais. Depuis la révolution de juillet, avec la démocratie, quelque ignorance a débordé et quelque brutalité aussi. Dans beaucoup d’endroits, le pouvoir local, l’influence municipale, la curatelle communale a passé des gentilshommes qui ne savaient pas écrire aux paysans qui ne savent pas lire. On est tombé d’un cran. En attendant que ces braves gens sachent épeler, ils gouvernent. La bévue administrative, produit naturel et normal de cette machine de Marly qu’on appelle la centralisation, la bévue administrative s’engendre toujours, comme par le passé, du maire au sous-préfet, du sous-préfet au préfet, du préfet au ministre. Seulement elle est plus grosse. » « Les dévastateurs ne manquent jamais de prétextes. »

« A Paris, le vandalisme florit et prospère sous nos yeux. Le vandalisme est architecte. Le vandalisme se carre et se prélasse. Le vandalisme est fêté, applaudi, encouragé, admiré, caressé, protégé, consulté, subventionné, défrayé, naturalisé. Le vandalisme est entrepreneur de travaux pour le compte du gouvernement. Il s’est installé sournoisement dans le budget, et il le grignote à petit bruit, comme le rat son fromage. Et certes, il gagne bien son argent. Tous les jours il démolit quelque chose du peu qui nous reste de cet admirable vieux Paris. Le vandalisme a ses journaux, ses coteries, ses écoles, ses chaires, son public, ses raisons. Le vandalisme a pour lui les bourgeois. Il est bien nourri, bien renté, bouffi d’orgueil, presque savant, très classique, bon logicien, fort théoricien, joyeux, puissant, affable au besoin, beau parleur, et content de lui. Il tranche du Mécène. Il protège les jeunes talents. Il est professeur. Il donne de grands prix d’architecture. Il envoie des élèves à Rome. Il porte habit brodé, épée au côté et culotte française. Il est de l’institut. Il va à la cour. Il donne le bras au roi, et flâne avec lui dans les rues, lui soufflant ses plans à l’oreille. Vous avez dû le rencontrer. »

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« À quoi servent ces monuments ? disent-ils. Cela coûte des frais d’entretien, et voilà tout. Jetez-les à terre, et vendez les matériaux. C’est toujours cela de gagné. Depuis quand ose-t-on, en pleine civilisation, questionner l’art sur son utilité ? Malheur à vous si vous ne savez pas à quoi l’art sert ! »

Victor Hugo - Revue des Deux Mondes - " Guerre aux démolisseurs" - 1825/1832

 

Chapelle Saint-Clamens

saint_clamens_1J'avais découvert il y a quelques années cette minuscule chapelle de 12 mètres sur 7, isolée au milieu des près, ceinturée d'un cimetière, à l'occasion d'une fête du Patrimoine ; une association venait de se constituer afin de la sauvegarder et en léguer le souvenir vivant aux générations futures.

Située à une dizaine de kilomètres de Mirande, en bordure de la Baïse, complétement perdue au fond de l'Astarac, loin des axes importants de circulation, entre les Départementales 2 et 939, à proximité de l'abbaye Notre-Dame de Berdoues qui en reçut la propriété en 1156, elle est exceptionnelle en raison de sa datation et des trésors qu'elle recèle. Bâtie au XIème siècle, à proximité d'une ancienne "villa" romaine, détruite par les Vandales, dont les ruines servirent à sa construction, par des religieux qui élevèrent sur cet emplacement l'Abbaye du Prader, aujourd'hui disparue , dont elle est la seule survivance ; les moines exhumèrent des ruines le sarcophage dont il firent un autel à leur Saint-Patron. L'abbaye échut aux Comtes d'Astarac qui en firent don, en 1156, à l'abbaye cistercienne de Berdoues.

Elle est dotée d'un chevet à sept pans, d'une nef unique plafonnée, de fenêtres romanes et d'un clocher-mur à pignon ; à l'intérieur, les éléments remarquables sont un sarcophage paléo-chrétien sen marbre blanc de saint-béat sculpté, servant d'autel ; un cippe funéraire du IVe siècle ; une Vierge à l'Enfant baroque du XVIIIe et de fonds baptismaux octogonaux gothiques, classés monuments historiques ; son nom provient du Pape Clément I, ordonné par Saint-Pierre lui-même, Pape de 89 à 97 et martyre.

Elle fait aujourd'hui l'objet de tous les soins de l'association " Les amis de la Chapelle de Saint-Clamens", constituée en 2001, qui a déja fait procéder, avec l'aide des Bâtiments de France, à la réfection de sa toiture, à la remise en état de sa clôture et à son électrification ; une messe est traditionnellement célébrée dans cette chapelle un dimanche autour de la Saint Clément et des baptêmes ont pu y avoir lieu.

 

" Les amis de la Chapelle de Saint-Clamens"
"Le Pecos"
32300 - BELLOC ST CLAMENS
tel : 05.62.66.59.46
site web

 

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Saint-Just de Valcabrère en Comminges

st_just_2L'image est universelle ; elle symbolise de façon saisissante le glissement rapide du roman vers le gothique (c'est même le plan d'ouverture illustrant le début du premier épisode de la série "Le temps des Cathédrales" de Georges DUBY) : au premier plan, isolée dans la plaine, humble, méconnue et oubliée des touristes, la basilique romane Saint-Just de Valcabrère, édifiée aux XIe et XIIe siècle, avec les restes de l'importante cité antique "Lugdunum Convenarum" (crée par Pompée lors d'un retour d'une expédition militaire outre-pyrénées, choisie pour sa position de verrou aux portes de l'Espagne). A deux kilomètres de là, orgueilleuse sur son piton rocheux et dominant la vallée, la Cathédrale gothique Sainte-Marie de Saint-Bertrand du Comminges, dont la construction commença au XIIe siècle (une galerie est romane, les trois autres gothiques).

Pour un tenant des vertus de simplicité et de modestie, Saint-Just de Valcabrère constitue un exemple type de l'harmonie et de l'équilibre exceptionnels de l'architecture romane : campée solitaire dans la plaine au milieu des prés, entourée d'un cimetière de campagne planté de cyprés, elle dégage un calme, une tranquillité, une poésie, un appel à la méditation intérieure, particuliers et uniques.

Elle est dédiée, nous dit la notice historique, à Saint-Just et Saint-Pasteur, deux jeunes frères mis à mort en Espagne pendant la persécution de Dioclétien (303-311 : pour ce grand empereur, restaurateur de l'Empire Romain, l'abolition du christianisme était le couronnement de son oeuvre de réunification de l'empire) et au premier martyr chrétien, Saint-Etienne, dont les statues-colonnes ornent le portail latéral nord, avec celui de Sainte-Hélène, mère de l'Empereur Constantin. Sur le plan architectural, elle est exceptionnelle par son chevet, dit "en relief en creux", rare exemple dans le roman où le constructeur a laissé libre-cours à sa fantaisie.

 

 

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