header

Erreur

[SIGPLUS_EXCEPTION_SOURCE] La source d'image est censée être une URL complète ou un chemin d'accès relatif au dossier de base d'images spécifié dans le back-end, mais /galleries/pessan n'est ni une URL ni un chemin relatif à un fichier ou dossier existant.

[SIGPLUS_EXCEPTION_SOURCE] La source d'image est censée être une URL complète ou un chemin d'accès relatif au dossier de base d'images spécifié dans le back-end, mais souillac_hight/images n'est ni une URL ni un chemin relatif à un fichier ou dossier existant.

Basilique Saint-Sernin

L'église St-Sernin illumine le soir
D'une fleur de corail que le soleil arrose
C'est peut-être pour ça malgré ton rouge et noir
C'est peut-être pour ça qu'on te dit Ville Rose

Claude NOUGARO : "Toulouse"

patrimoine_mondial_good

Basilique Saint - Sernin


(Reproduction de la notice distribuée aux touristes dans la basilique pour guider leur visite, éditée par le Comité de presse Saint-Sernin - 13, Place Saint-Sernin à 31000 TOULOUSE)

sernin

HISTORIQUE

La basilique Saint-Sernin est placée sous le vocable d'un saint martyr, Saturnin, le premier évêque et martyr de Toulouse, dans la première moitié du IIIe siècle. En 250, il mourut traîné par un taureau que l'on destinait à un sacrifice devant le temple du forum (l'actuelle place Esquirol). La rue du Taur et l'église Notre-Dame du Taur commémorent le parcours sanglant et la mort de saint Saturnin.
Une modeste basilique fut érigée au Ve siècle, au dessus de sa sépulture (le nom de saint Sernin est une transposition occitane de Saturnin). L'exceptionnelle popularité du martyr toulousain contribua vite à l'afflux des pélerins.
La communauté de chanoines qui assurait la garde des reliques se vit contrainte de voir très grand pour mieux accueillir les pèlerins. Ainsi fut élevée au XIe siècle la basilique actuelle. L'essor du pélerinage de Compostelle ne tarda pas à faire de Toulouse une étape incontournable. L'autel, le chevet et le transept furent consacrés en 1096 par le pape Urbain II. Mais la construction se poursuivit tout au long du XIIe siècle. Les constructeurs utilisèrent d'abord la pierre et la brique, jusqu'à la hauteur des tribunes. Mais la cherté de la pierre les contraignit à n'utiliser que la brique dans les parties hautes de l'édifice. Un magnifique cloître et une importante abbaye flanquaient le nord de la basilique. Tou fut rasé au-cours des premières années du XIXe siècle. Le musée des augustins recueillit alors une partie des sculptures.
Vers le milieu du XIXe siècle, l'architecte Viollet-le-Duc réalisa une longue série de restaurations. Elles furent reprises par le service des monuments historiques entre 1968 et 1998.

saint_sernin

VISITE

 

st_sernin_plan

 

Il est préférable de commencer la visite à l'extérieur et par le ***chevet***. Il est dominé par un imposant clocher octogonal à cinq niveaux d'***arcs***. Une admirable harmonie se dégage de l'étagement des masses : les cinq chapelles ouvrant sur les bras du transept ... et la ligne continue des fenêtres des ***tribunes***.
Dirigeons-nous vers le croisillon sud du ***transept***. Le double portail formant la "porte des comtes" présente un ensemble de ***chapiteaux*** caractéristiques des premiers balbutiements de la sculpture romane.
En allant de la droite vers la gauche, nous reconnaissons sur les deux premiers chapiteaux la parabole de Lazare et du riche (Luc 16 19-31). Sur le troisième chapiteau, un homme est assis entre deux monstres dévorant sa tête. Le dernier chapiteau de la porte de droite et le premier de la porte de gauche sont identiques et représentent un personnage central, les bras levés soutenus par deux hommes.
Les trois autres chapiteaux du portail de gauche sont consacrés aux supplices infernaux.
Avançons-nous jusqu'à la porte Miégeville qui donne accès à la nef de la basilique. Elle est précédée d'une porte Renaissance, seul vestige de l'enceinte qui entourait autrefois l'abbaye.
Le ***tympan*** de la porte Miègeville a pour thème l'ascension du Christ au milieu des anges. Au linteau, les apôtres lèvent la tête vers le ciel. De part et d'autre du tympan apparaissent deux hauts reliefs : à gauche, saint Jacques ; à droite, saint Pierre.
Les ***chapiteaux*** représentent, de droite à gauche : des lions emprisonnés dans des lianes ; Adam et Eve chassés du Paradis ; l'Annonciation et la Visitation ; le massacre des Saints Innocents.
Continuons jusqu'aux portes occidentales dont les ***chapiteaux*** sont ornés de lions enfermés dans des végétaux, et aussi de figures simiesques grimaçant dans une étrange forêt.
Franchissons maintenant le ***narthex*** pour admirer la beauté de la ***nef***. L'ampleur du vaisseau est absolument saisissante. Flanqué de doubles ***collatéraux*** qui lui donnent une largeur totale de 32 mètres 50, il se développe sur une longueur de douze ***travées***.
La ***voûte*** en ***plein cintre***, raidie par des ***arcs doubleaux*** retombant sur des demi-colonnes engagées, est contrebutée latéralement par les ***voûtes*** en quart de cercle des tribunes.
Mais cette force tranquille qui pacifie le visiteur de la maison de Dieu n'est pas le résultat du seul jeu abstrait de l'équerre et du compas. Elle résulte aussi du merveilleux travail de plusieurs génértions de sculpteurs, de peintres, d'orfèvres et d'ébénistes que nous allons peu à peu découvrir au fil de notre visite.
Laissant devant nous les ***stalles*** des chanoines (XVIIIe siècle), nous tournerons nos pas vers la gauche et pénètrerons dans le ***croisillon*** nord du transept. Les travaux de décapage intérieur (2ème moitié du XXe siècle) ont permis la découverte de freques romanes d'un intérêt tout à fait exceptionnel.
Le ***choeur***, fermé par une grille de fer forgé, a reçu au XVIIIe iècle un décor baroque destiné à glorifier la tombe de saint Saturnin.
Le moulage de l'autel, consacré en 1096 par Urbain II permet de se faire une idée de la beauté de l'original situé au centre du carré du transept.
Le parcours du ***déambulatoire*** permet d'admirer l'important ensemble de ***retables***, d'armoires et de reliquaires en bois peint et doré disposé entre les cinq ***chapelles***. Sur le mur intérieur du déambulatoire ont été fixés sept bas-reliefs de marbre : un Christ en majesté entouré d'un chérubin et d'un séraphin ; deux apôtres et deux anges. Ils sont de l'atelier de Bernard Gilduin, qui signa la table d'autel de 1096.
Les cryptes renferment de nombreux reliquaires et plusieurs pièces d'orfèvrerie, heureuses rescapées des réquisitions révolutionnaires. On remarquera la belle plastique des six statues d'apôtres en bois polychrome du XIVe siècle.

UNE IMPRESSIONNANTE UNITE D'OEUVRE

Les travaux s'étalèrent de 1070 au XVIe siècle, et pourtant jamais on acheva les tours occidentales. L'édifice est d'une parfaite cohérence, puisque les constructeurs respectèrent le projet initial bien au-delà de la période romane. Par sa structure, Saint Sernin appartient à la famille des églises dites "à reliques et à pélerinages" : vaste nef flanquée de collatéraux, large transept saillant, choeur profond entouré d'un déambulatoire avec chapelles rayonnantes.
Longue de 115 mètres et large de 64 mètres (à la hauteur du ***transept***), Saint Sernin reste la plus grande basilique romane du monde encore debout ... et sans doute la plus belle.
Son clocher, de plan octogonal, révèle deux étapes de construction : une étape romane, reconnaissable à ses trois niveaux d'ouverture en ***plein cintre*** ; une étape gothique, avec ses deux niveaux d'ouvertures en ***arc en mitre***, surmontés d'une flèche sommée d'une croix dominant l'édifice à 65 mètres.
Le ***transept*** était accessible par chacun des croisillons. Seul a été conservé le double portail du croisillon sud appelé "porte des comtes", à cause de l' ***enfeu*** des comtes de Toulouse qui le flanque..
La porte Miègeville ouvre sur le flanc sud de la basilique. La porte restaurée, sur le flanc nord, donnait accès autrefois au cloître de l'abbaye. Sur la façade ouest, le corps central comprend un double portail surmonté de cinq arcs et d'une grande rose, qui aurait dû recevoir un ***remplage*** gothique si le massif occidental avait été achevé.

LA ROUTE DU SUD

Après la résurrection du Christ, les apôtres, ses disciples, partirent évangéliser le monde. L'évangélisation de la péninsule ibérique fut attribuée par la légende à saint Jacques.
Sa sépulture fut miraculeusement découverte, vers 820-830 en Galice, et les chrétiens d'Espagne firent de saint Jacques le porte drapeau de la reconquête des territoires occupés par les Maures musulmans.
Faire voeu de pélerinage, c'était se lancer dans une dangereuse aventure avec foi et courage. Les routes suivies étaient jalonnées de lieux sanctifiés par des reliques précieuses ou par des manifestations surnaturelles. Les pélerins de Compostelle étaient reconnaissables à leur bâton de marche (bourdon), et à la coquille qu'ils accrochaient à leur chapeau.
Venus de toute l'Europe, les chrétiens empruntaient l'un des quatre itinéraires principaux permettant de franchir les Pyrénées pour atteindre Compostelle.
Le plus méridional, partant de la vallée du Rhône, était appelé "Via Tolosana" à cause du passage obligatoire par Toulouse. Les chemins de pèlerinage ont été déclarés par le Conseil de l'Europe, en 1987, "premier itinéraire culturel européen". En 1998, ils ont été inscrits au patrimoine mondail de l'UNESCO sous la forme d'une série de monuments individuels d'une importante signification historique définissant le tracé des routes de pèlerinage en France (déjà l'Espagne avait obtenu en 1993 l'inscription du chemin de Saint-Jacques à partir des cols pyrénéens)..
De ce fait, la basilique Saint-Sernin est entrée dans le cercle prestigieux des monuments classés par l'UNESCO sur la route la plus méridionale vers Compostelle.

LES RELIQUES

Toute l'architecture et l'histoire de la basilique Saint-Sernin ne peuvent être comprises hors de deux réalités religieuses :
  • le pélerinage
  • le culte des reliques
Ceux-ci avaient pour but de célébrer et d'honorer les saints et, à travers eux, le Christ ressuscité.
La foi médiévale avait une forte percetpion de la réalité du péché. Une grande préoccupation de la mentalité religieuse était pour chacun de faire son salut, malgré ses péchés, et de passer, au moment de sa mort, de ce monde en paradis, évitant la damnation éternelle.
Les pélerinages et la vénération dont étaient entourées les reliques pouvaient être un moyen d'expier des fautes parfois lourdes. Ils avaient le plus souvent pour but de solliciter la protection et l'intercession puissante des saints les plus réputés et les plus populaires, à l'occasion de toutes les circonstances importantes de la vie, ainsi que de remercier pour un bienfait obtenu.

Le Déambulatoire :

La basilique Saint-Sernin fait donc partie de ce type d'églises que l'on appelle "église de pélerinage", par son plan caractéristique : deux doubles collatéraux de part et d'autre de la nef centrale, puis un déambulatoire, dispositif permettant la circulation des pélerins sans perturber les offices des chanoines. Le déambulatoire, au chevet de l'église, entoure le tombeau de saint Saturnin élevé sous le baldaquin baroque qui remplaça, au milieu du  XVIIIe  un premier baldaquin gothique élevé au XIIIe siècle.

Le "Tour des Corps Saints"

Ce déambulatoire, dont les piliers et les colonnes s'ornent de chapiteaux les plus anciens de la basilique, est appelé "tour des corps saints" car il présente à la vénération des fidèles une part des nombreuses et précieuses reliques que possède la basilique. Dans le mur extérieur des six travées du déambulatoire, entre les cinq chapelles rayonnantes, ont été creusées des niches destinées à accueillir les reliques des saints les plus populaires. Les armoires sculptées et dorées, installées au XVIIe siècle dans les chapelles voisines, renferment les reliquaires de ces mêmes saints. La chapelle d'axe, dédiée au Saint-Esprit conserve des statues du XVIIe siècle et un autel de Viollet-le-Duc.
En face, sur le mur extérieur de la crypte, ont été encastrés sept bas reliefs de marbre : un séraphin et un chérubin, ainsi que deux apôtres et deux anges encadrent un exceptionnel Christ en majesté entouré des symbôles des quatre évangélistes. Ce bas-relief, dont le style s'inspire des ivoires carolingiens, est contemporain du maître-autel roman consacré en 1096.

Les cryptes

La plupart des reliquaires et des oeuvres d'orfèvrerie constituant le trésor de Saint Sernin ont disparu pendant la révolution. On trouvera cependant dans la crypte supérieure la châsse de saint Honoré en cuivre argenté, vers 1517.
En face sont rassemblés les objets les plus anciens du trésor : notamment le reliquaire de saint Saturnin (début du XIIIe siècle) et le reliquaire de la Vraie Croix, en émail de Limoges (fin XIIe siècle).
La crypte inférieure présente dans ses six chapelles les châsses de plusieurs apôtres, de saint Edmond et de saint Gilles, ainsi que le reliquaire de la Sainte Epine. Dans les quatre vitrines murales on pourra voir les diverses pièces d'orfèvrerie religieuse du XIXe siècle. Au bas de l'escalier sont placées six statues d'apôtres en bois polychrome, datant du XIVe siècle.

 

{accordion filter="com_content.id"}58,57{/accordion}

Peintures romanes de la basilique Saint-Sernin

Basilique Saint Sernin sur YouTube

 

Imprimer E-mail

Eglise saint Pierre des Cuisines

abbey logo56La Place Saint-Pierre, sur la rive droite de la Garonne, ouverte sur le fleuve dont le cours devant elle est brisé par la chaussée naturelle du Bazacle, voit s’étaler le panorama de la rive gauche marqué par le dôme majestueux de l’Hôpital de la Grave. A gauche, on distingue le quai de la Daurade, avec l’immense bâtiment de l’Hotel-Dieu campé depuis bientôt dix siècles sur l’autre rive ; sur sa droite, entre fleuve et canal, le quartier du Bazacle, enserré par le Canal de Brienne doublé des allées de Brienne et de Barcelone, qui depuis le XVIIIe siècle relie le Canal du Midi au fleuve depuis les Ponts-Jumeaux en évitant la chaussée.

Cette Place est l'une des plus animées de la ville ; peut-être parce que toute proche de l'Université des Sciences Sociales qui déploie tout autour bâtiments et campus, où qu'elle est le rendez-vous incontournable des supporters du Stade Toulousain qui ne manquent jamais de venir y fêter leurs plus retentissants succès.

la_graveEt derrière elle, l’Eglise saint Pierre des Cuisines, dominée et prolongée par le Dôme de l’abbaye des Chartreux, à laquelle elle fut intégrée de la fin du XVIe siècle à la révolution, ne saurait masquer par sa massive architecture occitane de brique rouge ni la profondeur de son histoire, ni les multiples modifications dont les siècles l’affublèrent. Son patronyme viendrait du don initial que firent en 1067 le Comte de Toulouse, Guilhem (comte de Toulouse de 1060 à 1088), et sa mère Almodis à l'abbaye clunicienne de Moissac et à son abbé Durand, de la terre allodiale sur laquelle était érigée l'Eglise ; elle était alors située hors les murs de la ville, dans le bourg de saint-Sernin, et ses habitants étaient de petits artisans, vivant essentiellement de métiers polluants, comme la tannerie. A l'occasion de ce don, ils furent exemptés du paiement des cens et redevances qu'ils devaient pour leur activité de tannerie, et obtinrent privilège de cuisson du pain dans les fours qu'ils bâtiraient, sans passer par les fours comtaux. Cette terre fut donc appelée "de coquinis", "des cuisines", en raison du privilège donné aux tenanciers de faire cuire leur pain sans payer aucun droit.


ostal_deuTrès longue histoire pour cette église qui est la plus ancienne du sud-ouest de la France ; car si les premiers textes écrits l'évoquant remontent au XIe siècle, les fouilles effectuées démontrent qu'elle existe déjà à la fin de l'antiquité. Une grande partie du sous-sol a été fouillé et a permis la mise à jour des soubassements de la basilique funéraire primitive du Ve siècle, avec des fragments de mosaïque, qui ont été conservés et sont maintenant exposés dans une crypte archéologique, mais également témoignent des modifications dont cette église a été l'objet au VIIe, puis au début du XIe siècle.
Construite sur une ancienne nécropole gallo-romaine du IVe siècle, elle a été érigée au Ve siècle, comme la sublime basilique saint Sernin, sa majestueuse voisine.
C'est alors une basilique funéraire, à l'extérieur de la ville antique ; au Xe siècle, elle est offerte par le Comte Guilhem IV aux moines bénédictins de l'abbaye clunicienne saint Pierre de Moissac, qui pendant cinq siècles vont l'ériger en Prieuré ; elle prend alors toute sa place dans l'histoire de la ville et devient un haut-lieu public où les comtes prirent l'habitude de rassembler le peuple toulousain, témoin d'évènements mémorables :

  • en 1187, le Comte Raymond V y reconnaît les privilèges de la commune de Toulouse, dirigée par les Capitouls ;
  • ce geste est renouvelé en 1195 par Raymond VI de Toulouse,
  • et en 1222 par Raymond VII
  • en 1286, c'est ici que son officiellement promulguées les Coutumes de la ville

A la fin du XVIe siècle, l’église saint Pierre des Cuisines rejoint l’abbaye que les chartreux ont érigée à sa porte, et dont le dôme domine toujours la Place saint Pierre et l’Université des sciences sociales.Comme tous les biens ecclésiastiques, cette abbaye est saisie au titre de bien national en 1791 et les religieux sont expulsés ; mais elle a la chance de ne pas être vendue (ce qui a entraîné la destruction et le démantèlement d’une importante partie du patrimoine religieux dans ce pays) : au même titre que la basilique de La Daurade ou l’abbaye des Jacobins, elle est rattachée au grand parc de l’Armée des Pyrénées qui utilise ces locaux comme fonderie à canons, puis comme entrepôt.

Propriété de l’Université des Sciences Sociales en 1965, elle est désaffectée, puis classée Monument Historique en 1977 ; la Mairie de Toulouse la rachète enfin en 1982 pour la transformer en auditorium de 960 m2 de surface, de 400 places, rattaché au Conservatoire. Sa vocation est d’accueillir des concerts classiques et des spectacles de danse. Dédiée à la mémoire du grand chef d’orchestre Louis Auriacombe, cette salle a été conçue pour l’acoustique avec le concours de l’Orchestre National du Capitole et du conservatoire de musique et bénéficie de ce fait de conditions idéales.

De septembre à juin, elle peut-être visitée tous les lundis de 10h à 13h (visite commentée à 11 heures) ; de fin juin à fin août, tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 19h (visite commentée : 16h30).
Les renseignements peuvent être recueillis auprès du musée Saint-Raymond, Place saint Sernin à Toulouse - tel : 05 61 22 31 34

 

Abbaye Saint-Sever-de-Rustan

abbey logo56Abbaye Saint-Sever de Rustan



Article rédigé par Nelly POUSTHOMIS-DALLE
Société des Etudes du Comminges
in "Anciennes abbayes en Midi-Pyrénées"
(ISBN Addoc : 2.906793-19-1 ; ISBN Randonnées Pyrénéennes : 2-905521-45-7)

 

L'HISTOIRE

L'ancienne abbaye de Saint-Sever-de-Rustan se situe sur les rives de l'Arros, à une trentaine de kilomètres au nord-est de Tarbes.
On peut visiter l'église abbatiale romane, sa sacristie ornée de boiseries du XVIIIe siècle, ainsi que, datant de la même époque, les façades des bâtiments monastiques.
On sait fort peu de choses de ce monastère, puisque ses archives ont été détruites au XVIe siècle par les protestants.
L'identité du saint patron, Sever, reste très controversée, certains auteurs proposant d'y reconnaître l'historien chrétien Sulplice Sévère (v360-v420). Tout au plus, la découverte lors d'un sondage d'un vestige de sol en ciment rose sous la fondation d'un contrefort de l'église abbatiale, confirme-t-elle une occupation du lieu à l'époque gallo-romaine.

 

pastel08_st_sever-de_rustan

 

01_st_sever-de_rustan02_st_sever-de_rustan03_st_sever-de_rustan04_st_sever-de_rustan

 

05_st_sever-de_rustan06_st_sever-de_rustan


La première mention connue du monastère remonte au début du XIe siècle : le duc de Gascogne fait alors appel à Arsius, l'abbé de saint-Sever, pour venir diriger l'abbaye de Saint-Pé-de-Générès qu'il vient de fonder. En 1087, le Comte de Bigorre, Centulle et sa femme Béatrix font appel à Saint-Victor de Marseille pour réformer Saint-Sever. A la fin du XIIIe siècle, l'abbé Bernard Ier de Samano et le roi de France Philippe concluent un paréage, le nombre de moines est limité à douze en 1317, mais l'abbaye semble encore assez florissante au début du XIVe siècle. Cependant, les malheurs de la guerre de Cent Ans conduisent les moines à adresser, en 1444, une supplique au pape, soulignant l'état misérable de leur monastère qui nécessite de grosses réparations.
La situation ne s'améliore guère avec la mise en commende de l'abbaye, puisque les abbés successifs ne résident pas sur place et accaparent les revenus.
En 1573, les protestants, conduits par le capitaine Lysier, incendient l'église et les bâtiments monastiques et pillent le village. Les habitants obtiennent du roi l'exemption de droits, taxes et impôts pour six ans, à condition que la ville soit restaurée. De son côté, l'abbé Michel de Sabathier (1576-1597) dirige la restauration de l'abbaye.

 

09_st_sever-de_rustan10_st_sever-de_rustan


La congrégation de Saint-Maur, à qui est confiée Saint-Sever en 1646, entreprend de réformer la vie des moines et de moderniser les lieux conventuels, ce qui est fait en 1688. Une série de plans de 1701 prouve qu'on envisage alors d'agrandir l'abbaye vers l'ouest, en impiétant sur les fossés et les murs de la ville. Cette cour d'entrée et les bâtiments qui l'encadrent sont achevés vers le milieu du XVIIIe siècle.
En 1776, on refait tout le plafond de la nef de l'église, on aménage la sacristie pour y transporter les boiseries qui ornaient inutilement une autre salle. On installe une nouvelle cuisine, un salon, on plafonne les cellules du dortoir et l'on fait construire le grand escalier qui existe encore dans un pavillon à l'angle sud-ouest du cloître. Tous ces travaux semblent être l'oeuvre de Dom Charles Lacroix, abbé de 1736 environ à 1780.

11_st_sever-de_rustan12_st_sever-de_rustan13_st_sever-de_rustan14_st_sever-de_rustan15_st_sever-de_rustan


L'abbaye est vendue comme bien national à la Révolution, à l'exception de l'église et de la sacristie. Le corps du bâtiment principal à l'ouest du cloître, est racheté par la municipalité en 1889, pour y loger l'école.
Le cloître, classé "monument historique" la même année, en fort mauvais état, est transféré à Tarbes et remonté dans le jardin Massey. L'aile sud de la cour est détruite en 1890, le mur de clôture rasé en 1901. L'ancienne abbaye est clssé "monument historique" en 1914, sauf le bâtiment est, inscrit en 1973 sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

 

 

17_st_sever_de_rustan18_st_sever_de_rustan

L'ARCHITECTURE


L'ancienne église abbatiale se compose d'une ***nef*** unique de quatre travées, en partie romane, coupée à l'est par un faux ***transept*** de style gohique, sur lequel se greffe un ***chevet*** de style gothique lui-aussi, comprenant une ***abside*** centrale polygonale et deux chapelles rectangulaires d'inégale longueur.
On pénètre dans l'église par un portail ouvert au sud dans la première ***travée*** de la ***nef***. Ce portail, qui se trouvait encore au début du XVIIIe siècle dans la troisième ***travée***, apparaît ici plaqué et mal ajusté. Dans les ***ressauts***, deux colonnes de chaque côté sont couronnées de ***chapiteaux*** historiés qui supportent la retombée de ***boudins***. Sur les corbeilles, on reconnaît notamment un centaure, le supplice de l'avare, un Christ en majesté dans une mandorle tenue par des anges. Le style et l'iconographie de ces chapiteaux et de ceux qui ornent la quatrième ***travée*** de nef sont à rapprocher de l'oeuvre de l'atelier de la porte des Comtes de Toulouse qui a travaillé à Saint-Sernin de Toulouse au début du troisième quart du XIe siècle.
A l'intérieur, les trois premières travées sont délimitées par des ***pilastres*** à colonne engagée qui ne supportent plus que de faux ***doubleaux*** peints sur le plafond en anse de panier de 1776. Ces piles, renforcées par des contreforts simples à l'extérieur (au sud surtout) et l'épaisseur des murs latéraux indiquent que cette partie de la ***nef*** était ou devait être voûtée. Les deux premières travées étaient surmontées au XVIIe siècle par la ***tribune*** des religieux, une seconde tribune plus étroite supportant l'orgue jusqu'à son transfert dans l'église saint Jean de Tarbes en 1815, puis dans celle de Castelnau-Magnoac. La quatrième ***travée*** s'individualise à bien des égards : par ses dimensions, par les quatre fortes ***piles*** articulées qui la délimitent et par son couvrement en ***coupole*** ; par certaines anomalies dans les parties hautes, certains ***ressauts**** de piles ne supportant rien ; par les ***contreforts*** à ***ressauts***, par une fenêtre romane curieusement percée dans un contrefort médian au sud, enfin par les vestiges du clocher qui la surmontait et dont il ne subsiste plus qu'un quart environ.
Toutes ces remarques ont conduit certains auteurs, dont Elie Lambert, à voir dans cette quatrième travée de ***nef*** actuelle une ancienne ***croisée*** de ***transept***.
Privée de ses ***croisillons*** que l'on supposait détruits par les protestants, elle aurait été fermée au nord et au sud par des murs latéraux et la fenêtre romane percée dans le ***contrefort*** median serait alors en réemploi. Elie Lambert proposait de restituer un chevet roman de trois ***absides*** accolées ouvrant sur le ***transept***, analogue à celui des deux abbatiales de Saint-Orens et de Saint-Savin de Lavedan.
Cette hypothèse ne faisant pas l'unanimité et aucun document ne permettant de trancher, nous avons eu recours à des sondages destinés à recouper les fondations des hypothétiques bras de ***transept***. Ni départ, ni arrache, ni fondation de mur, ni traces de pavement n'ont été retrouvés. Si la quatrième travée de nef ne peut plus être considérée comme une ancienne croisée de transept, son rôle ne peut cependant être limité à celui d'une simple travée de nef. Sans prétendre apporter de solution définitive et indiscutable, l'analyse de cette travée, reprise avec un regard neuf, nous incite à y reconnaître une ***travée*** de ***choeur*** précédant une ***abside***. Ce type de plan, regroupant une ***nef*** unique, un ***choeur*** très accentué qui magnifie le lieu où se tenaient les moines et met en valeur l'entrée de l'***abside***, se retrouve notamment dans l'ouest de la france, auquel appartient aussi la tradition de la fenêtre percée dans un contrefort. Les anomalies des parties hautes s'expliquent sans doute par la destruction du clocher, qui a du entraîner la réfection ou du moins le remaniement de la coupole sur pendentifs située en dessous.
Quoi qu'il en soit, les beaux ***chapiteaux*** qui couronnent les fortes ***piles*** ont été préservés : on y retrouve les thèmes et le style de l'atelier de la porte des Comtes de Toulouse : oiseaux ou lions affrontés, corbeilles feuillagées, ornées de boules ou de pommes de pin, Christ en majesté, enfin le péché originel avec Adam et Eve.
Du côté de l'est, le faux ***transept*** et le ***chevet*** actuels, de style gothique, se raccordent assez mal avec la partie romane de l'église. Toute cette partie orientale apparaît très irrégulière en plan comme en élevation, trahissant une reconstruction hâtive et plus ou moins réussie, postérieure aux destructions par les protestants, remployant des ***bandeaux*** ornés de ***billettes*** à la retombée de la ***voûte*** dans l'***abside***. Partout les ***ogives*** sont pénétrantes, les supports intérieurs sont faibles, mais l'ensemble est épaulé extérieurement par de puissants ***contreforts***.
Au nord de l'abbatiale s'étendait le ***cloître*** reconstruit au XVIIe siècle avec des éléments achetés, semble-t-il, aux religieux de Trie-sur-Baïse, dont le cloître avait aussi été détruit par les protestants. A saint-Sever, il ne subsiste plus du cloître, depuis son transfert à Tarbes, que le ***mur-bahut*** et les traces d'ancrage des galeries inférieure et supérieure dans le mur latéral nord de l'église. Ces quelques vestiges peuvent nous aider à compbler par l'imagination le vide de cette cour intérieure qui a perdu ses ***galeries***, tandis qu'ailleurs leurs arcades ornent un jardin, privées de leur contexte architectural.


Notice rédigée par Bernard VOINCHET
architecte en chef des monuments historiques
in "Anciennes abbayes en Midi-Pyrénées"
(ISBN Addoc : 2.906793-19-1 ; ISBN Randonnées Pyrénéennes : 2-905521-45-7)

 

L'ESPRIT DES LIEUX


Calme campagne où le passant doit s'arrêter pour ressentir combien les hommes ont ici modelé un paysage déjà habité aux temps préhistoriques et largement occupé à l'époque romaine : telle est la vallée de l'Arros, au relief harmonieux et au climat favorable, magnifiquement destinée à accueillir une abbaye que les moines construisent en bordure de rivière.
Mais quel contraste entre cette paisible vallée et un ensemble architectural trahissant une histoire mouvementée ! Leçon émouvante et parfois cruelle que ces grands bâtiments tout à la fois reflet de la brutalité des hommes, mais surtout de leur volonté de rebâtir et de magnifier l'oeuvre des prédécesseurs.
Arrivant à l'abbaye par l'ouest, on en perçoit tout de suite les diverses "dimensions" architecturales. D'un côté, l'abbatiale : le petit porche roman et les percements très réduits annoncent un univers intérieur dont la dimension spirituelle et cultuelle renvoie le fidèle à un "ordre" supérieur ; de l'autre, la façade du XVIIIe siècle parfaitement rythmée, fortement axialisée à l'image d'une communauté religieuse en pleine renaissance, faisant table rase des désordres des siècles antérieurs et cherchant à assurer sa présence en ce monde.
Tout cela correspond schématiquement à la vie de l'abbaye qui a connu deux grandes périodes de prospérité, chacune suivie de décadences, troubles ou abandons :

  • au-cours de la première période, du XIIe au XIVe siècle, l'abbaye s'organise autour du cloître : il en subsiste l'abbatiale et quelques éléments de maçonnerie encore intégrés dans les bâtiments et les ruines limitant l'aire du cloître :
  • durant la seconde, aux XVIIe et XVIIIe siècles, la communauté réaménage le cloître, l'église et diverses salles, mais surtout donne la priorité aux bâtiments d'habitation et d'apparat, qui sont alors entièrement reconstruits ; tournant le dos au cloître et à la conception primitve, ils s'organisent autour d'une cour en "U" ouverte vers l'ouest. Il en subsiste deux côtés : le beau bâtiment en pierres dorées et la grande construction ruinée, alors que, plus au nord, quleques bâtiments à usage agricole complètent la composition architecturale.

De tout cela émerge l'abbatiale : bien que très composite (nef unique romane, chevet gothique, voûtement de la nef largement remaniée à l'âge classique), elle présente cependant une belle unité de couleur et d'échelle, renforcée par un important mobilier des XVIe, XVIIe et surtout XVIIIe siècles. A l'orient, l'espace des ***stalles*** et l'***autel*** à double face constituent un ensemble tout particulièrement élaboré par les longues heures de prières communautaires. A l'occident, le visiteur doit, par la pensée, "replacer" sur la tribune les belles orgues qui sont aujourd'hui à Castelnau-Magnoac, et dont les sculptures en bois répondaient aux beaux chapiteaux romans de la nef.
Ce goûit permanent du décor a produit de nombreuses oeuvres qui se juxtaposent avec bonheur : il en va ainsi de l'ensemble de l'abbaye. Par exemple, le cloître, dont les quarante arcatures remontées dans un jardin tarbais permettent d'imaginer ce que furent les deux galeriess superposées, avec leur voûte et leur charpente évoquées puissamment par les traces encore visibles sur ses murs périphériques.
Le souci du décor court également tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles et, si la sculpture sur pierre y est toujours présente -notamment en façade ouest-, le travail des staffeurs, des menuisiers et des serruriers est en tout point remarquable : superbe rampe en fer forgéde l'escalier monumental, magnifique plafond et décors muraux du même escalier et des grandes salles du bâtiment des hôtes. Enfin, belles portes intérieures et ensemble somptueux des boiseries de la sacristie qui n'ont d'égales que les stalles du choeur des moines.
Que le visiteur ne quitte point ce site sans se promener au bord de l'Arros : il apercevra la grande façade austère se reflétant dans un chenal oublié, enjmabé par le pont qui done accès à la grève et aux peupliers qui la bordent.



{jgototop} {/jgototop}

Eglise Saint-Sauveur à Figeac

abbey logo56Eglise Saint-Sauveur à Figeac 46 (ancienne abbaye)

 


Notice rédigée par Françoise Bagnéris
Professeur à l'Ecole des Beaux-Arts de Toulouse
in "Anciennes abbayes en Midi-Pyrénées"
(ISBN Addoc : 2.906793-19-1 ; ISBN Randonnées Pyrénéennes : 2-905521-45-7)

 

HISTOIRE

 

A ce carrefour de plusieurs routes importantes se serait établi au début du IXe siècle un groupe de moines venus de Conques, désireux d'essaimer dans un lieu plus accessible et moins isolé. Sur leur demande, Pépin d'Aquitaine leur aurait donné un terrain, sur lequel ils auraient fondé l'abbaye en 838.
Commença alors une rivalité séculaire entre "l'abbaye-mère" et "l'abbaye-fille", qui devait alléguer une apparition du Christ lui-même, avant la fondation de Conques, pour prouver son antériorité.  De plus, Figeac obtint le corps de saint Buitten de Saintes, ce qui lui donna l'autorité due à un centre de pélerinage, et accentua la rivalité avec Conques. Affiliée à Cluny en 1080, la communauté réformée put consacrer ses efforts à la construction du monastère. Le Pape Urbain II, qui avait décrété des indulgences permettant aux moines d'obtenir les ressources nécessaires, put consacrer l'église en 1092 ou 1093.
D'importants travaux furent menés dans les parties basses de l'église ; la mise en oeuvre des parties hautes devait avoir lieu à la fin du XIIIe et au XIVe siècle. Mais des désaccords avec la population ainsi que la guerre de Cent Ans furent des points de départ de toute une série de destructions.
En 1435, l'abbé de Figeac avoue la ruine du monastère ; en 1556, son successeur n'a d'autre solution que de  séculariser des dix-sept moines ; en 1577 interviennent les plus grandes destructions : les protestants garnissent l'église de fagots, après en avoir sapé les piliers, et les voûtes s'effondrent dans l'incendie.
C'est seulement à partir de 1636 qued l'on commença la restitution des voûtes démolies et de la plupart des parties hautes (tribunes, fenêtres, etc ...) jusqu'au milieu du XVIIe siècle.
Dés après la révolution, l'église et la salle capitulaire furent largement restaurées. En 1920, une voûte, à la croisée du transept, remplaça le clocher effondré

 

DESCRIPTION

 

L'EGLISE

 

Extérieur :

Cet important édifice, en pierre du Lot, donne une impression de sécheresse, due notamment à ses importantes restaurations. Rebâti en grande partie aux XVIIe  et XVIIIe siècles sur une base du XIIe siècle, il reste intéressant par sa fidélité au parti d'origine : une église à ***tribunes***.
Dégagé au XIXe siècle, le chevet a encore conservé de nombreuses verrues. L'***abside*** et les ***absidioles*** présentent un gros oeuvre du XIIe siècle pour les parties basses et du XIVe siècle pour le rond-point du ***choeur***. Le tout fut très restauré. La même chronologie s'applique aux murs de la nef.
Le porche d'entrée, surmonté d'un clocher carré, fut reconstruit au début du XIXe siècle, remplaçant un portail roman de dimensions grandioses.

 

Intérieur :

Assombri par des vitraux du XIXe siècle, desséché par des restaurations vigoureuses (chapiteaux retaillés), on y devine pourtant le parti, choisi au XIIe siècle, d'une large ***nef*** à tribunes et au large ***transept***, dans l'esprit de Conques, la rivale de toujours.
L'étage de fenêtres ou de tribunes date du XIVe siècle, les voûtes d'arête de la nef du XVIIe siècle, comme celles des ***collatéraux*** et des chapelles. Quatre superbes et énormes ***chapiteaux*** à feuillages, provenant du portail d'entrée, sont déposés à chaque entrée de l'église. Encore en place, des ***stalles*** classiques entourent un ***choeur*** profond.

 

LA SALLE CAPITULAIRE

 

Unique reste des bâtiments monastiques, la salle capitulaire est actuelllement surmontée par le presbytère qui a remplacé au XIXe siècle le dortoir disparu. Elevée au XIIIe  ou au XIVe siècle, elle fut couverte de neuf ***croisées d'ogives*** à ***liernes***, aux clefs sculptées, portées par quatre colonnes centrales. Les murs sont revêtus de boiseries du XVIIe siècle, aux reliefs rustiques sur bois doré, représentant des scènes de la Passion.
Ainsi, cet édifice imposantt demeure le témoignage important de la fidélité au modèle des églises romanes délibérément suuivi à l'époque classique.


bibliographie :
DESHOULIERES (M), "Figeac : Saint-Sauveur", in "Congrès archéologique de France", 1937, p.22
VIDAL (Marguerite), "Figeac" in "Quercy roman", La Pierre qui Vire - Zodiaque, 1959, pp 26-27 (coll "La nuit des temps")


{backbutton}

{jgototop} {/jgototop}

Imprimer

Eglise Saint-Pierre de Nant

abbey logo56EGLISE SAINT-PIERRE (ancienne abbaye) à NANT (12)

 

 


Notice rédigée par Françoise Bagnéris
Professeur à l'Ecole des Beaux-Arts de Toulouse
in "Anciennes abbayes en Midi-Pyrénées"
(ISBN Addoc : 2.906793-19-1 ; ISBN Randonnées Pyrénéennes : 2-905521-45-7)

 

HISTOIRE

L'importance de cette église est due, à l'origine, à la volonté de Bernard, Comte de Rouergue, et de son épouse, de doter de terres en 926 une communauté afin d'assurer un service religieux dans le village de Nant, étape sur la route qui traverse le grand plateau du Larzac.
Il fut donné ordre à la communauté de Nant, alors prieuré, d'obéïr à l'abbaye de Vabres : ce fut la condition à la construction du nouveau monastère, contrainte souvent rappelée à cause de l'opposition des moines, volontiers dissidents.
Pour obtenir réellement son indépendance, le prieuré obtint enfin du pape Innocent II son élévation au statut d'abbaye (1135). Le prieur devint donc abbé et put agrandir l'église entre 1123 et 1135. A l a fin du XIIe siècle, de nouveaux travaux eurent lieu, surtout dans les parties hautes de l'édifice.
Au début du XIVe siècle, furent ajoutées des chapelles latérales, des fortifications au-dessus du porche dont les arcs d'entrée furent alors murés simultanément, le portail d'accès fut aménagé.
Quelques travaux eurent encore lieu au XVIIe siècle. On suit mal l'histoire de l'édifice à la Révolution faute de textes. De plus, les abords ne conservent plus aucune trace du cloître et de ses bâtiments monastiqes, situés au sud de l'église.

 

{becssg}nant_wide{/becssg}

 

DESCRIPTION

L'EGLISE

Extérieur :

Les différentes étapes de la construction de l'église se lisent dans les mrs : tout d'abord, celle du ***chevet*** et du ***porche*** ouest, puis celle de la ***nef***, mal raccordée, qui put remplacer une nef du Xe siècle, antérieure à la promotion du prieuré au titre d'abbaye. Au début du XIIe siècle, un ***chevet*** et un ***porche*** l'allongèrent.

Ce ***chevet***, en pierre bien appareillée, présente des ***absidioles*** curieusement différentes : alors que celle du sud, à pans coupés, porte de nombreuses sculptures, celle du nord, en tuf, carrée, sans décor, semble avoir été terminée rapidement, avec une certaine sécheresse ... ou en raison du manque de moyens.
Si nous nous en tenons à l'***absidiole*** sud et à l'***abside*** principale, nous ne pouvons qu'admirerle soin apporé aux détails : étage d'***arcades*** aveugles, ***chapiteaux*** nombreux et vériés. Quelsques sculptures pourraient être des réemplois d'éléments de l'église du Xe siècle.
Le ***porche***, entièrement ouvert à l'ouest, mais également au nord et à l'est par cinq très hautes arcades de même taille, devait offrir à l'origine une entrée imposante. Trois ***voûtes*** couvrent ses trois ***travées*** et présentent un des premiers essais de ***voûtes d'ogives*** à sections carrée et torique. En effet, au-dessus de ce ***porche*** se trouve une grande salle couverte d'une ***coupole*** nervurée, fermée vers l'ouest, mais largement ouverte sur la ***nef*** par un très grand ***arc*** et sur les ***collatéraux*** par deux escaliers latéraux encore en partie visibles. Cet ensemble conçu au début du XIIe siècle, présente tous les caractères d'une chapelle haute dédiée au culte de saint Michel, rare dans nos régions, ce qui rend encore plus regrettable la disparition des archives.
Mais ce ***porche*** fut remanié et complété : au XIVe siècle, on mura les grandes ***arcades*** et l'on construisit un portail d'accès. On le surélevé aussi par un dispositif qui pouvait le fortifier (toit-terasse, ***échauguettes***), le tout en ***tuf***. Enfin, au XVIIIe siècle, on le surmonta d'un clocher.
La nef actuelle, enfin, semble postérieure à tous les travaux précédents. Durant ceux-ci, peut-on penser, on maintint la nef du Xe siècle. A leur achèvement, on la démolit. Ce fut malheureusemnt au profit d'un édifice au parti hésitant, comme le montrent les départs d'arcs lancés entre les contreforts.
Cette nef fut d'ailleus remaniée et cmplétée par des chapelles (XIVe et XIXe siècles).

 

{becssg}nant_hight{/becssg}

 

Intérieur :

 

Ce grand édifice, composé de trois nefs voûtées en ***plein cintre***, est porté par d'imposantes ***colonnes*** jumelées, adossées à des piliers cruciformes.
La nef principale est peu éclairée : seules quelques fenêtres sont percées à la naissance de la voûte. Une ***coupole*** couvre la ***croisée*** du transept et une ***arcature*** décore le mur du choeur. La sculpture (***chapiteaux***,***tailloirs***, ***corniches***), y est abondante et variée.
L'originalité du parti monumental, la présence du culte de saint Michel et la qualité de la sculpture, ne peuvent ici que séduire le visiteur. Nous ne pouvons qu'en regretter davantage la disparition totale des bâtiments canoniaux, au sud de l'église.



bibliographie :

DURAND (Geneviève) : "Nant, découverte du Rouergue méridiona" - Millau, 987, p. 123
"Nant", in "Rouergue roman" - La pierre qui Vire, Zodiaque, 1963, pp 213-220 (coll "La nuit des temps")


{backbutton}


{jgototop} {/jgototop}