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Eglise saint Pierre des Cuisines

abbey logo56La Place Saint-Pierre, sur la rive droite de la Garonne, ouverte sur le fleuve dont le cours devant elle est brisé par la chaussée naturelle du Bazacle, voit s’étaler le panorama de la rive gauche marqué par le dôme majestueux de l’Hôpital de la Grave. A gauche, on distingue le quai de la Daurade, avec l’immense bâtiment de l’Hotel-Dieu campé depuis bientôt dix siècles sur l’autre rive ; sur sa droite, entre fleuve et canal, le quartier du Bazacle, enserré par le Canal de Brienne doublé des allées de Brienne et de Barcelone, qui depuis le XVIIIe siècle relie le Canal du Midi au fleuve depuis les Ponts-Jumeaux en évitant la chaussée.

Cette Place est l'une des plus animées de la ville ; peut-être parce que toute proche de l'Université des Sciences Sociales qui déploie tout autour bâtiments et campus, où qu'elle est le rendez-vous incontournable des supporters du Stade Toulousain qui ne manquent jamais de venir y fêter leurs plus retentissants succès.

la_graveEt derrière elle, l’Eglise saint Pierre des Cuisines, dominée et prolongée par le Dôme de l’abbaye des Chartreux, à laquelle elle fut intégrée de la fin du XVIe siècle à la révolution, ne saurait masquer par sa massive architecture occitane de brique rouge ni la profondeur de son histoire, ni les multiples modifications dont les siècles l’affublèrent. Son patronyme viendrait du don initial que firent en 1067 le Comte de Toulouse, Guilhem (comte de Toulouse de 1060 à 1088), et sa mère Almodis à l'abbaye clunicienne de Moissac et à son abbé Durand, de la terre allodiale sur laquelle était érigée l'Eglise ; elle était alors située hors les murs de la ville, dans le bourg de saint-Sernin, et ses habitants étaient de petits artisans, vivant essentiellement de métiers polluants, comme la tannerie. A l'occasion de ce don, ils furent exemptés du paiement des cens et redevances qu'ils devaient pour leur activité de tannerie, et obtinrent privilège de cuisson du pain dans les fours qu'ils bâtiraient, sans passer par les fours comtaux. Cette terre fut donc appelée "de coquinis", "des cuisines", en raison du privilège donné aux tenanciers de faire cuire leur pain sans payer aucun droit.


ostal_deuTrès longue histoire pour cette église qui est la plus ancienne du sud-ouest de la France ; car si les premiers textes écrits l'évoquant remontent au XIe siècle, les fouilles effectuées démontrent qu'elle existe déjà à la fin de l'antiquité. Une grande partie du sous-sol a été fouillé et a permis la mise à jour des soubassements de la basilique funéraire primitive du Ve siècle, avec des fragments de mosaïque, qui ont été conservés et sont maintenant exposés dans une crypte archéologique, mais également témoignent des modifications dont cette église a été l'objet au VIIe, puis au début du XIe siècle.
Construite sur une ancienne nécropole gallo-romaine du IVe siècle, elle a été érigée au Ve siècle, comme la sublime basilique saint Sernin, sa majestueuse voisine.
C'est alors une basilique funéraire, à l'extérieur de la ville antique ; au Xe siècle, elle est offerte par le Comte Guilhem IV aux moines bénédictins de l'abbaye clunicienne saint Pierre de Moissac, qui pendant cinq siècles vont l'ériger en Prieuré ; elle prend alors toute sa place dans l'histoire de la ville et devient un haut-lieu public où les comtes prirent l'habitude de rassembler le peuple toulousain, témoin d'évènements mémorables :

  • en 1187, le Comte Raymond V y reconnaît les privilèges de la commune de Toulouse, dirigée par les Capitouls ;
  • ce geste est renouvelé en 1195 par Raymond VI de Toulouse,
  • et en 1222 par Raymond VII
  • en 1286, c'est ici que son officiellement promulguées les Coutumes de la ville

A la fin du XVIe siècle, l’église saint Pierre des Cuisines rejoint l’abbaye que les chartreux ont érigée à sa porte, et dont le dôme domine toujours la Place saint Pierre et l’Université des sciences sociales.Comme tous les biens ecclésiastiques, cette abbaye est saisie au titre de bien national en 1791 et les religieux sont expulsés ; mais elle a la chance de ne pas être vendue (ce qui a entraîné la destruction et le démantèlement d’une importante partie du patrimoine religieux dans ce pays) : au même titre que la basilique de La Daurade ou l’abbaye des Jacobins, elle est rattachée au grand parc de l’Armée des Pyrénées qui utilise ces locaux comme fonderie à canons, puis comme entrepôt.

Propriété de l’Université des Sciences Sociales en 1965, elle est désaffectée, puis classée Monument Historique en 1977 ; la Mairie de Toulouse la rachète enfin en 1982 pour la transformer en auditorium de 960 m2 de surface, de 400 places, rattaché au Conservatoire. Sa vocation est d’accueillir des concerts classiques et des spectacles de danse. Dédiée à la mémoire du grand chef d’orchestre Louis Auriacombe, cette salle a été conçue pour l’acoustique avec le concours de l’Orchestre National du Capitole et du conservatoire de musique et bénéficie de ce fait de conditions idéales.

De septembre à juin, elle peut-être visitée tous les lundis de 10h à 13h (visite commentée à 11 heures) ; de fin juin à fin août, tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 19h (visite commentée : 16h30).
Les renseignements peuvent être recueillis auprès du musée Saint-Raymond, Place saint Sernin à Toulouse - tel : 05 61 22 31 34

 

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