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Architecture monastique

abbey56Le développement de la vie monastique a très tôt rendu nécessaire la construction de bâtiments spécifiques ; dès la règle de saint Benoît, puis dans les textes établis par les cisterciens, est précisée la destination des divers édifices : 

 

  • L'église constitue naturellement le lieu  le plus important, vers lequel converge toute la vie de l'abbaye. Dans les monastères bénédictins, elle est souvent ouverte à tous et précédée d'un ***parvis*** : seul le ***choeur***, délimité par une clôture, est réservé aux moines. Les églises situées sur les routes de pélerinage pouvaient accueillir des foules très importantes de fidèles (Conques, Moissac). Chez les cisterciens, au contraire, l'église est presque exclusivement réservée aux moines ou aux convers, ces hommes qui, sans avoir "droit au chapitre", partagent en partie la vie de la communauté et accomplissent l'essentiel des travaux liés à l'exploitation des domaines.  L'église cistercienne traditionnelle est ainsi divisée en deux choeurs, celui des moines et celui des convers, séparés par un ***jubé*** et auxquels donnent accès deux portes diffférentes.Le plan retenu est d'oridinaire le plan basilical qui permet d'accueillir de longues files de moines et ménage un important espace libre lors des nombreuses processions qui se déroulent d'autel en autel. Chants et prières, connus par coeur, ne nécessitent pas un regroupement sous la direction, visible par tous, d'un "maître de choeur" : aussi les ***stalles*** peuvent-elles prendre place le long des murs.Nous n'avons conservé aucun vestige d'église monastique antérieure au VIIIe siècle : toutefois, il semble bien qu'à partir du  XIe siècle, la longueur des églises bénédictines s'est accrue comme en témoignent les nefs uniques de Tasque, Larreule ou Saramon. 
  • Le Cloître, lieu de promenade et de méditation pour les moines, jouxte l'église abatiale. II est formé d'une cour gazonnée, pourvue d'un fontaine, qu'entoure une galerie couverte communiquant avec l'ensemble des autres bâtiments et permettant de se rendre,  rapidement et à l'abri, dans n'importe quel endroit du monastère.
  • Donnant sur la galerie est du cloître, se trouvent l'armarium (biliothèque), puis la salle capitulaire (où l'abbé réunit quotidiennement le chapitre, c'est -à-dire l'assemblée des mines, pour y dire certaines prières et distribuer le travail ; enfin, l'auditorium (parloir).
    Un escalier communiquant directement avec l'église et onstruit dans le bras sud du ***transept*** permet l'accès au ***dortoir***, situé à l'étage ; seul l'abbé dispose en effet d'un logement particulier ; les cellules individuelles n'apparaîtront généralement, dans les monastères bénédictins ou cisterciens, qu'aux XVIe et XVIIIe siècles.
  • L'aile sud est souvent réservée au ***réfectoire*** où les moines, écoutant la "lecture divine", prennent silencieusement leur repas en commun ; elle abrite aussi des cuisines, voire un ***chauffoir*** (le seul endroit chaufffé du  monastère), les bains ou les latrines.
  • A l'ouest se trouvent le ***cellier*** que l'on peut ravitailler de l'extérieur sans troubler la vie monastique, le logement des hôtes et la porterie. Cest également vers l'ouest que puvent se développer des bâtiments à la destination bien précise : boulangerie, infirmerie, hospice, aumônerie, etc...

plan_cistercien

L'abbaye tout entière est entourée d'un enclos à l'intérieur duquel se toruvent le jardin, le potager, le verger, ainsi que, le cas échéant, certains bâtiments à caractère agriole : étables, écuries, poulaillers ... et les logements du personnel qui y est attaché.
Cette disposition idéale du monastère médiéval a bien évidemment été adaptée selon la configuraion géogrphique de chacune des abbayes et les aléas de l'histoire ;  les reconstructions opérées après le moyen-âge et les guerres de Religion ont en particulier rappoché les bâtiments monatiques de l'architecture civile (ainsi à Sorèze, Belleperche ou Flaran), en atténuant le caractère communautaire qui avait commandé à l'origine la conception des abbayes.