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Eglise Saint-Sauveur à Figeac

abbey logo56Eglise Saint-Sauveur à Figeac 46 (ancienne abbaye)

 


Notice rédigée par Françoise Bagnéris
Professeur à l'Ecole des Beaux-Arts de Toulouse
in "Anciennes abbayes en Midi-Pyrénées"
(ISBN Addoc : 2.906793-19-1 ; ISBN Randonnées Pyrénéennes : 2-905521-45-7)

 

HISTOIRE

 

A ce carrefour de plusieurs routes importantes se serait établi au début du IXe siècle un groupe de moines venus de Conques, désireux d'essaimer dans un lieu plus accessible et moins isolé. Sur leur demande, Pépin d'Aquitaine leur aurait donné un terrain, sur lequel ils auraient fondé l'abbaye en 838.
Commença alors une rivalité séculaire entre "l'abbaye-mère" et "l'abbaye-fille", qui devait alléguer une apparition du Christ lui-même, avant la fondation de Conques, pour prouver son antériorité.  De plus, Figeac obtint le corps de saint Buitten de Saintes, ce qui lui donna l'autorité due à un centre de pélerinage, et accentua la rivalité avec Conques. Affiliée à Cluny en 1080, la communauté réformée put consacrer ses efforts à la construction du monastère. Le Pape Urbain II, qui avait décrété des indulgences permettant aux moines d'obtenir les ressources nécessaires, put consacrer l'église en 1092 ou 1093.
D'importants travaux furent menés dans les parties basses de l'église ; la mise en oeuvre des parties hautes devait avoir lieu à la fin du XIIIe et au XIVe siècle. Mais des désaccords avec la population ainsi que la guerre de Cent Ans furent des points de départ de toute une série de destructions.
En 1435, l'abbé de Figeac avoue la ruine du monastère ; en 1556, son successeur n'a d'autre solution que de  séculariser des dix-sept moines ; en 1577 interviennent les plus grandes destructions : les protestants garnissent l'église de fagots, après en avoir sapé les piliers, et les voûtes s'effondrent dans l'incendie.
C'est seulement à partir de 1636 qued l'on commença la restitution des voûtes démolies et de la plupart des parties hautes (tribunes, fenêtres, etc ...) jusqu'au milieu du XVIIe siècle.
Dés après la révolution, l'église et la salle capitulaire furent largement restaurées. En 1920, une voûte, à la croisée du transept, remplaça le clocher effondré

 

DESCRIPTION

 

L'EGLISE

 

Extérieur :

Cet important édifice, en pierre du Lot, donne une impression de sécheresse, due notamment à ses importantes restaurations. Rebâti en grande partie aux XVIIe  et XVIIIe siècles sur une base du XIIe siècle, il reste intéressant par sa fidélité au parti d'origine : une église à ***tribunes***.
Dégagé au XIXe siècle, le chevet a encore conservé de nombreuses verrues. L'***abside*** et les ***absidioles*** présentent un gros oeuvre du XIIe siècle pour les parties basses et du XIVe siècle pour le rond-point du ***choeur***. Le tout fut très restauré. La même chronologie s'applique aux murs de la nef.
Le porche d'entrée, surmonté d'un clocher carré, fut reconstruit au début du XIXe siècle, remplaçant un portail roman de dimensions grandioses.

 

Intérieur :

Assombri par des vitraux du XIXe siècle, desséché par des restaurations vigoureuses (chapiteaux retaillés), on y devine pourtant le parti, choisi au XIIe siècle, d'une large ***nef*** à tribunes et au large ***transept***, dans l'esprit de Conques, la rivale de toujours.
L'étage de fenêtres ou de tribunes date du XIVe siècle, les voûtes d'arête de la nef du XVIIe siècle, comme celles des ***collatéraux*** et des chapelles. Quatre superbes et énormes ***chapiteaux*** à feuillages, provenant du portail d'entrée, sont déposés à chaque entrée de l'église. Encore en place, des ***stalles*** classiques entourent un ***choeur*** profond.

 

LA SALLE CAPITULAIRE

 

Unique reste des bâtiments monastiques, la salle capitulaire est actuelllement surmontée par le presbytère qui a remplacé au XIXe siècle le dortoir disparu. Elevée au XIIIe  ou au XIVe siècle, elle fut couverte de neuf ***croisées d'ogives*** à ***liernes***, aux clefs sculptées, portées par quatre colonnes centrales. Les murs sont revêtus de boiseries du XVIIe siècle, aux reliefs rustiques sur bois doré, représentant des scènes de la Passion.
Ainsi, cet édifice imposantt demeure le témoignage important de la fidélité au modèle des églises romanes délibérément suuivi à l'époque classique.


bibliographie :
DESHOULIERES (M), "Figeac : Saint-Sauveur", in "Congrès archéologique de France", 1937, p.22
VIDAL (Marguerite), "Figeac" in "Quercy roman", La Pierre qui Vire - Zodiaque, 1959, pp 26-27 (coll "La nuit des temps")


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