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Eglise Saint-Pierre de Nant

abbey logo56EGLISE SAINT-PIERRE (ancienne abbaye) à NANT (12)

 

 


Notice rédigée par Françoise Bagnéris
Professeur à l'Ecole des Beaux-Arts de Toulouse
in "Anciennes abbayes en Midi-Pyrénées"
(ISBN Addoc : 2.906793-19-1 ; ISBN Randonnées Pyrénéennes : 2-905521-45-7)

 

HISTOIRE

L'importance de cette église est due, à l'origine, à la volonté de Bernard, Comte de Rouergue, et de son épouse, de doter de terres en 926 une communauté afin d'assurer un service religieux dans le village de Nant, étape sur la route qui traverse le grand plateau du Larzac.
Il fut donné ordre à la communauté de Nant, alors prieuré, d'obéïr à l'abbaye de Vabres : ce fut la condition à la construction du nouveau monastère, contrainte souvent rappelée à cause de l'opposition des moines, volontiers dissidents.
Pour obtenir réellement son indépendance, le prieuré obtint enfin du pape Innocent II son élévation au statut d'abbaye (1135). Le prieur devint donc abbé et put agrandir l'église entre 1123 et 1135. A l a fin du XIIe siècle, de nouveaux travaux eurent lieu, surtout dans les parties hautes de l'édifice.
Au début du XIVe siècle, furent ajoutées des chapelles latérales, des fortifications au-dessus du porche dont les arcs d'entrée furent alors murés simultanément, le portail d'accès fut aménagé.
Quelques travaux eurent encore lieu au XVIIe siècle. On suit mal l'histoire de l'édifice à la Révolution faute de textes. De plus, les abords ne conservent plus aucune trace du cloître et de ses bâtiments monastiqes, situés au sud de l'église.

 

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DESCRIPTION

L'EGLISE

Extérieur :

Les différentes étapes de la construction de l'église se lisent dans les mrs : tout d'abord, celle du ***chevet*** et du ***porche*** ouest, puis celle de la ***nef***, mal raccordée, qui put remplacer une nef du Xe siècle, antérieure à la promotion du prieuré au titre d'abbaye. Au début du XIIe siècle, un ***chevet*** et un ***porche*** l'allongèrent.

Ce ***chevet***, en pierre bien appareillée, présente des ***absidioles*** curieusement différentes : alors que celle du sud, à pans coupés, porte de nombreuses sculptures, celle du nord, en tuf, carrée, sans décor, semble avoir été terminée rapidement, avec une certaine sécheresse ... ou en raison du manque de moyens.
Si nous nous en tenons à l'***absidiole*** sud et à l'***abside*** principale, nous ne pouvons qu'admirerle soin apporé aux détails : étage d'***arcades*** aveugles, ***chapiteaux*** nombreux et vériés. Quelsques sculptures pourraient être des réemplois d'éléments de l'église du Xe siècle.
Le ***porche***, entièrement ouvert à l'ouest, mais également au nord et à l'est par cinq très hautes arcades de même taille, devait offrir à l'origine une entrée imposante. Trois ***voûtes*** couvrent ses trois ***travées*** et présentent un des premiers essais de ***voûtes d'ogives*** à sections carrée et torique. En effet, au-dessus de ce ***porche*** se trouve une grande salle couverte d'une ***coupole*** nervurée, fermée vers l'ouest, mais largement ouverte sur la ***nef*** par un très grand ***arc*** et sur les ***collatéraux*** par deux escaliers latéraux encore en partie visibles. Cet ensemble conçu au début du XIIe siècle, présente tous les caractères d'une chapelle haute dédiée au culte de saint Michel, rare dans nos régions, ce qui rend encore plus regrettable la disparition des archives.
Mais ce ***porche*** fut remanié et complété : au XIVe siècle, on mura les grandes ***arcades*** et l'on construisit un portail d'accès. On le surélevé aussi par un dispositif qui pouvait le fortifier (toit-terasse, ***échauguettes***), le tout en ***tuf***. Enfin, au XVIIIe siècle, on le surmonta d'un clocher.
La nef actuelle, enfin, semble postérieure à tous les travaux précédents. Durant ceux-ci, peut-on penser, on maintint la nef du Xe siècle. A leur achèvement, on la démolit. Ce fut malheureusemnt au profit d'un édifice au parti hésitant, comme le montrent les départs d'arcs lancés entre les contreforts.
Cette nef fut d'ailleus remaniée et cmplétée par des chapelles (XIVe et XIXe siècles).

 

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Intérieur :

 

Ce grand édifice, composé de trois nefs voûtées en ***plein cintre***, est porté par d'imposantes ***colonnes*** jumelées, adossées à des piliers cruciformes.
La nef principale est peu éclairée : seules quelques fenêtres sont percées à la naissance de la voûte. Une ***coupole*** couvre la ***croisée*** du transept et une ***arcature*** décore le mur du choeur. La sculpture (***chapiteaux***,***tailloirs***, ***corniches***), y est abondante et variée.
L'originalité du parti monumental, la présence du culte de saint Michel et la qualité de la sculpture, ne peuvent ici que séduire le visiteur. Nous ne pouvons qu'en regretter davantage la disparition totale des bâtiments canoniaux, au sud de l'église.



bibliographie :

DURAND (Geneviève) : "Nant, découverte du Rouergue méridiona" - Millau, 987, p. 123
"Nant", in "Rouergue roman" - La pierre qui Vire, Zodiaque, 1963, pp 213-220 (coll "La nuit des temps")


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