header

Eglise St-Pierre et St-Paul de Saramon

abbey logo56SARAMON (Gers) : EGLISE SAINT-PIERRE-ET-SAINT-PAUL

 

 


Notice rédigée par Françoise Bagnéris
Professeur à l'Ecole des Beaux-Arts de Toulouse
in "Anciennes abbayes en Midi-Pyrénées"
(ISBN Addoc : 2.906793-19-1 ; ISBN Randonnées Pyrénéennes : 2-905521-45-7)

 

 

HISTOIRE


Au IXe siècle, le comte d'Astarac choisit de favoriser, en terres et en biens, la création d'un nouveau  ***monastère***. Il n'en décida pas le lieu, remettant cette décision et les dons qui lui étaient liés à l'empereur Louis le Pieux, qui choisit alors de les remettre à l'abbé de Sorèze, afin de fonder et diriger ce nouvel établissement. C'était en 817 ou 818 ; mais en raison de graves difficultés, il fallut attendre 980 pour qu'une vie régulière y fut rétablie, sous la protection des descendants du comte d'Astarac dont l'un, Arnaud, devait lui-même devenir moine dans l'abbaye voisine de Simorre.
Les Xe et XIe siècles semblent prospères. Mais, dès le XIIe siècle, l'abbaye connut des difficultés. En 1140, son, accusé de ***simonie***, fut déposé. Dépourvu de chef, le monastère fut saccagé en 1145 et, dès lors, semble avoir connu une vie religieuse peu intense. Les moines, d'ailleurs, ne furent jamais rattachés à une ***congrégation***.
Le ***cloître*** aurait été rebâti en 1315. Nous ne savons rien des évènements survenus lors des guerres de Religion. Au XVIIIe sièclen la décadence de l'abbaye devait déjà être assez avancée, car les religieux auraient vécu, comme leurs voisins de l'abbaye de Simorre, séparément des bâtiments monastiques dont nous n'avons aucune description, furent détruits et l'église, devenue paroissiale, subit d'importantes restaurations au début du XIXe siècle, ce qui laisse deviner son délabrement précédent : l'architecte Léopolld Gentil en modifia totalement l'aspect initial par l'ajout de chapelles et la dota triomphalenent d'une tour crénelée ...

 

saramon_03

DESCRIPTION

 

EXTERIEUR

L'eglise présente un aspect ingrat et de nombreuses réfections du XIXe siècle (percements, etc ...), sous un crépi uniforme. Rien, en apparence, ne pourrait nous signaler un édifice roman.
Qu'en reste-til ? L'***abside*** principale de prolonge à l'est par une sorte de tour carrée, en bel ***appareil*** de pierres de dix centimètres sur quinze environ, éclairée par une très belle ouverture, fermée par un ***transenne*** de pierre. Elle pourrait être attribuée à la seconde moitié du XIe siècle, date de certaions travaux entrepris par le ***monastère*** après sa période de fondation. Dans le mur est du ***croisillon*** nord du ***transept***, s'ouvre une porte de pierre, à ***pinacles***, ***gables*** et ***fleurons***. Elle semble faire partie de la campagne de surélévation de la tour voisine, au XVe siècle.

saramon_01 saramon_02 saramon_04 saramon_05

INTERIEUR

La ***nef*** porte tous les caractères de la réfection, en style néo-gothique, aux chapelles (neuves) entre les ***contreforts***. Seuls le ***chevet*** et le ***transept*** nord peuvent être attribués avec certitude à la construction d'origine, mais les percements de l'***abside*** principale ont été refaits. Elle est prolongée à l'est par une salle rectangulaire, visible de l'extérieur. Y célébrait-on un culte particulier ? Elle porte le vocable de saint-Victor.
La première ***absidiole*** nord du transept, transformée maintenant en débarras, voisine avec le ***portail*** du XVe siècle, percé dans le mur est de l'ancienne ***absidiole*** voisine. Quelques éléments de sculpture (***imposte*** à feuillages) subsistent. Les caractères de l'architecture et de son appareil epuvent permettre de l'attribuer à la seconde moitié du XIe siècle.
Le ***transept***, à l'appareil plus grand, aurait été ajouté à cette ***nef*** avec ses absidioles aux impostes sculptés. La nef, à l'origine unique et sûrement charpentée, aurait été ainsi adaptée aux besoins monastiques ; cela nous rappelle le plan de "Lareule" (Hautes-Pyrénées).
L'église contient, au-dessus du maître-autel, un rétable de bois doré dont la richesse et la finesse étonnent ici.
Rien ne subsiste des bâtiments monastiques : au sud, une place publique, carrée, bordée de haies, entoure le monument aux morts.
Des recherches historiques et archéologiques pourraient sans doute nous faire mieux connaître cet édifice dont subsistent, en dépit des restaurations du XIXe siècle, de nombreux éléments datés des XIe et XIIe siècles.


Bibliographie :
BABANOT (Abbé Jean) : "Les débuts de la sculpture romane dans le sud-ouest de la France", Paris - Picard, 1987 pp 244-245
MESPLE (Paul) : "L'ancienne église abbatiale de Saramon", in "Bulletin de la Société archéologique du Gers", 1968, pp. 7-20
"Saramon", in "Gascogne romane", -LA PIERRE QUI VIRE, ZODIAQUE, 1978, pp. 41-42 (collection "La nuit des temps")

 

Imprimer E-mail