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Abbaye Sainte-Foy à Conques

CONQUES : ancienne Abbaye SAINTE-FOY

 

abbey logo56Projet article Wikipedia :

Dans la première moitié du VIIIè siècle, Dadon (noble rouergat ayant vu sa mère torturée par les sarrasins) se fit ermite; entraînant avec lui quelques disciples.
C'est dans une vallée aveyronnaise dont la forme rappelle celle d'un coquillage, une conque (concha en latin) qu'ils construisirent leur première église.
Pris sous la protection des rois Carolingiens, le monastère se dota assez rapidement d'un trésor conséquent.
Cependant, il apparut assez vite qu'une pièce essentielle à l'essor de Conques manquait: des reliques : ceci était en effet indispensable pour être considéré comme une grande étape et non une halte quelconque - sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle et pour drainer les offrandes des fidèles.
Ainsi, après avoir échoué dans la quête des restes prestigieux de Saint Vincent, en Espagne, les moines conquois jetèrent leur dévolu sur ceux d'une sainte moins connue et néanmoins populaire, Sainte Foy, qui étaient alors conservés à Agen. La vie de Sainte Foy est contée dans un poème occitan du XIIe siècle, la Chanson de Sainte Foy.
La petite Foy, issue d'une riche famille agenaise, fut convertie au catholicisme par l'évêque Caprais, à l'âge de 12 ans. Le proconsul Dacien, en application de l'édit de Dioclétien, à l'origine de nombreuses persécutions, condamna la future sainte à mourir brûlée vive sur un gril. Un orage providentiel ayant éteint le gril, la petite Foy fut finalement décapitée.
Plusieurs miracles se produisirent par la suite autour du tombeau de la sainte, ce qui fit sa notoriété. On lui attribue notamment le fait d'avoir délivré des prisonniers.
Le moine Aronis s'introduisit chez les religieux agenais, et, après dix ans pendant lesquels il sut gagner leur confiance, il obtint la garde des reliques qu'il put alors aisément dérober en 866.
Conques devint alors un lieu de pèlerinage important sur la route de Saint Jacques (via Podiensis). L'abbaye connaît son apogée au XIè siècle.
Une nouvelle église est alors construite entre 1041 et 1082.Les premiers signes de déclin apparaissent au début du XIIIè siècle.
L'abbaye subit de grands dommages pendant la Révolution : si les habitants parviennent à sauver le trésor, le cloître est détruit.
L'ensemble est laissé à l'abandon jusqu'à l'intervention de Prosper Mérimée en 1837.
Depuis 1873, l'abbatiale est occupée par une communauté de Prémontrés.

La pièce maîtresse du trésor est le reliquaire de Sainte Foy. Ce reliquaire en bois, couvert d'or et de pierre précieuses, représente la sainte sur un trône ; les traits de la statue semblent un peu masculins. Ils proviennent en fait de la récupération d'un masque antique du quatrième siècle. Les pieds paraissent extrêmement longs. On est loin de la représentation réaliste d'un fillette de 12 ans.




Notice établie par Louis CAUSSE,
architecte des bâtiments de France de l'Aveyroin
pour l'ouvrage : "Anciennes abbayes en Midi-Pyrénées",
edition "Randonnée Pyrénéennes" et "Addocc Midi-Pyrénées" - 2e édition 1991

Histoire :

Naissance du monument

On admet communément que la fondation de Conques par le moine Dadon date du VIIIe siècle, et s'est conslidée rapidement grâce à diverses donations. Nous ignorons tout des raisons qui poussèrent les fondateurs à choisir suivant l'expression de Mérimée, "cette espèce de désert escarpé au milieu des plus âprs montagnes du Rouergue" ; mais l'oncongruité de ce choix en renforçait d'emblée le caractère exceptionnel.

En l'an 866, les bénédictins de Conques acquièrent aux dépens d'un monastère d'Agent le corps glorieux de Sainte-Foy. Avec cet évènement, Conques entre de plain-pied dans le réseau des sites surnaturels, entre lesquels se tisse le lien des voies de pèlerinage. Les miracles, chansons de gesteet légendes renforcent le prestige des lieux. C'est de l'époque du miracle de l'aveugle Gerbert (980) que pourrait dater l'édifice mis à jour par des travaux d'excavation au siècle dernier ; on a tenté d'en reconstituer le tracé à partir d'observations faites par les architectectes Grinda et Formigé en 1876 et 1879, et complétées par la description qu'en a donnée Bernard d'Angers, au tout début du XIe siècle. Il s'agit d'une basilique à trois nefs dédiées, respectivement au Saint-Sauveur, à la Vierge et à Saint-Pierre. Ses absides étaient fermées de grilles forgées. Ce dessin très indicatif nous donne cependant l'échelle, dimension et localisation.

Le deuxième évènement majeur dans l'histoire de Conques, c'est le développement du "Chemin de Compostelle". La marche vers le tombeau de l'Apôtre, au bout des terres d'Occident, s'amplifie à partir de 1020, lorsque la sécurité des routes se trouve assurée dans l'Espagne septentrionale. Ce courant de pèlerins vers Sainte-Foy de Conques, étape sur li "via podensis" qui menait les "marcheurs de Dieu" du Puy vers Roncevaux et l'Espagne, acccroît considérablement la renommée et la fréquentation de l'abbaye.

La construction de l'édifice actuel

Dès lors s'impose la construction d'un édifice adapté au culte des reliques, à la foule de pèlerins et à la vie d'une importante communauté monastique.
Le nouveau plan est ancré au sol par l'abbé Odolric, dont l'abbatiat commence en 1030. Son homogénéïté traduit une unité parfaite de conception. Caractéristique des églises dites "de pélerinage", il comprend une nef avec un transept allongé, des collatéraux contournant les croisillons puis l'abside pour former un déambulatoire sur lequel s'ouvrent des chapelles rayonnantes. Les lieux sont parfaitement adaptés à la fonction d'accueil de pèlerins nombreux entrant et circulant de reliquaire en reliquaire avant de quitter l'édifice, selon un parcours quasiment indépendant de l'utilisation liturgique de la nef et du choeur.
Si ces dispositions avaient déjà été expérimentées à Saint-Martin de Tours et à Saint-Rémi de Reims, à Conques elles sont mises en oeuvre à partir du milieu du XIe siècle, avec une élevation et un élancement exceptionnels : vingt-deux mètres dix sous les voûtes de la nef ; dix mètres cinquante pour les collatéraux. L'élan est d'autant plus exceptionnel qu'il est expérimental. Le contrebutement de la nef est assuré par des voûtes en demi-berceau de la galerie circulant au-dessus des bas-côtés. On retrouve là une technique connue en Auvergne à l'époque carolingienne et maintenue alors dans toute la tradition romane auvergnate.




Les premiers aléas

Tout ne va cependant pas sans problème ; ici doit-être rappelé un fait important évoqué au "livre IV" des "Miracles de Sainte Foy". Il s'agit de l'accident du fameux Maître Hugues chargé d'un charroi de pierres à propos duquel Bernard d'Angers écrit ! "La construction où furent emplyées les pierres dont nous venons de parler offre des lézardes béantes dans ses arceaux et menace ruine".
La description laisse penser qu'il s'agit du rond-point du choeur où se seraient produits d'importants tassements. Ce problème fut, semble-t-il, rapidement réglé puisque le reliquaire de sainte-Foy est transféré dans la nouvelle église avant même l'abbatiat d'Etienne, durant lequel s'élèvent les galeries hautes.
C'est vraisemblablement sous l'abbatiat de Begon, entre 1087 et 1107, que furent lancés les voûtements de nefs, fut mis en place le tympan (en fond de narthex) et amorcée l'oeuvre ultime de l'abbatiale : la tour lanterne, tandis que le cloître était mis en chantier.
A Conques, le passage du plan carré de la croisée du transept à l'octogone de la tour lanterne s'opère par le jeu des trompes qui sont des sortes d'arcs diagonaux. Leur taille et leur facture montrent assez le caractère archaïque et expérimental du procédé. Au lieu de couronnner directement cet octogone d'une coupole, achèvement naturel de l'édifice, le maître d'oeuvre de Conques posa un tambour largement ouvert sur ses huit faces pour éclairer l'intérieur. Ce tambour, cinquante centimètres au-dessus des baies hautes, reçut une coupole, probablement nervurée. Hélas, du fait de leur relative faiblesse, les tropes (soixante-dix centimètres d'épaisseur en leur centre) lâchèrent sous la poussée de la coupole qui s'effondra.
Si l'on ne dispose d'aucun texte sur cet accident probablement tardif, les pierres nous parlent encore de leur ébranlement.
Nous sommes sans doute déjà dans cete période de déclin de l'abbaye, identifiée par la professeur Bousquet. L'entreprise sera abrégée. On peut penser que l'on s'est cententé de poser alors une simple flèche de bois à enrayures sur le tambour pour achever la construction. Il faut raàppeler ici que deux clochers avaient été bâtis en couronnement à la façade occidentale, et qu'il n'était donc pas nécessaire de construire sur la lanterne (ou à sa place), un campanile. Il faudra attendre l'achèvement des grandes crises qui secouèrent la France, c'est-à-dire le milieu du XVe siècle, pour qu'un renouveau se pétrifie dans le monument.


Les restaurations du XVe siècle

C'est dans la seconde moitié du XVe siècle que vont être réalisés d'importants travaux :
  • construction de la chapelle du Rosaire, attenante au logis abbatial ;
  • création d'une sacristie avec peintures murales, dans le bras sud du transept ;
  • reconstruction de la coupole de la tour lanterne.
Cette coupole est une oeuvre exceptionnelle d'habileté technique ; faute de pouvoir se poser sur le tambour, on a utilisé la technique gothique des voûtes légères avec des nervures descendant les poussées au bas du tambour, à un niveau parfaitement contrebuté. En revanche, la partie supérieure de la voûte octopartite est totalement désolidarisée du tambour roman. De petits arcs formerets ménagent parfaitement le passage de la lumière issue des baies romanes primitives.

L'incendie de 1568


Le 9 octobre 1568, une incursion calviniste s'abat sur Conques. Une pétition adressée au roi Charles IX nous rapporte qu'il fut fait "un grand pillage, brûlement et saccagement de ladite église Sainte-Foy". Au moyen d'un immense brasier, on tenta de détruire les colonnes du rond-point. Ces colonnes, éclatées sous l'effet du feu, ne furent maintenues en place que grâce à des cerclages de fer et à un chemisage général de la colonnade dans un mur de maçonnerie (déposé en 1875). Le feu fut alimenté de toutes les boiseries du choeur. On incendia aussi les clochers, à l'occident, l'ensemble des couvrtures et des bâtiments attenants.
L'incendie fut à ce point violent que la tour sud-ouest dut être arasée. La tour nord-ouest, incendiée, fut restaurée et recharpentée. La ruine de ces tours avait entraîné la desruction partielle du narthex et de sa voûte. On mura à la hâte les escaliers intérieurs pour éviterdes désordres en façade. La tour lanterne, elle, fut largement léchée par les flammes, au point que le calcaire jaune de Lunel, le fameux "rousset", prit une couleur de feu.
Les chanoines de Conques opérèrent alorss une réparation succinte du tambour roman, qu'ils exhaussèrent d'un étage supplémentaire construit à la manière romane, avec beaucoup de simplicité, et qu'ils surmontèrent d'une flèche charpentée comprenant, à l'intérieur, le befroi de six cloches. Ces réparations s'achevèrent au début du XVIIe siècle. En 16528, une terrible peste décima la population du village et de l'abbaye, dont l'effectif ne cessa par la suite de décliner. En 1781, la communauté était à ce point réduite que fut envisagé son transfert à la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue.

De la Révolution à la Restauration


La Révolution entraîna la dissolution définitive du chapitre et l'aliénation de son patrimoine, vendu comme bien national. C'est ainsi que les dépendances directes de l'abbatiale sont partagées entre divers propriétaires, le patus du cloître se trouvant lui-même grevé de servitudes. Les épaves du cloître, abbatues, son alors remisées dans la chapelle du Rosaire. Mais, si en nombre d'endroits, les grandes abbayes sont les premiers symbôles que l'on abat, à Conques, abbatiale et trésor sont préservés.

Nouveau propriétaire de cette immense église, la commune n'a pas les moyens d'en assurer le strict entretien ; aussi réclame-t-elle dès 1811, des subventions pour "prévenir la chute de la tour-lanterne". En 1825, le Conseil de fabrique écrit au Préfe à propos du clocher : "Si vous ne prenez de promptes mesurs, le peuple et ses ministres du culte risquent d'être écrasés par la ruine très prochaine de sa masse énorme. Laisserons-nous dépérir l'un des plus beaux et des plus artistiques monuments de l'ancien Rouergue ?"
Le même conseil présente un devis de travaux succints de restauration de charpente que l'architecte départemental, Etienne-Roger Boissonnnade, annote en ces termes : "L'église de Conques a une structure remarquable et mérite d'être conservée ... On estime que des dépenses considérables sont à entreprendre."

Boissonnade, Prosper Mérimée et la première restauration


Ce n'est qu'en 1835 que le préfet Guizard confie à Boissonnade une mission d'étude avec devis sur l'abbatiale de Conques. Son premier rapport, adressé à la Direction des bâtiments civils, rappelle que l'édifice est privé de tout entretien depuis la Révolution et évoque les principaux problèmes :
  • couverture très déficiente ;
  • soubassements des façades nord et est (chevet) enterrés par un talus de trois à quatre mètres servant de cimetière, avec parements de murs rongés par l'eau et le gel ;
  • pénombre et insalubrité à l'intérieur de l'édifice, consécutives au bouchage par des maçonneries de la plupart des fenêtres ;
  • grande difficulté d'accès au chantier.
Ce rapport sera confirmé par l'inspecteur-général Gourlier, venu sur place en juin 1836, alors qu'une première dotation de trois mille francs vient d'être affectée à l'assinissement de la façade nord.
On sait qu'entretemps, Mérimée, nommé inspecteur des bâtiments historiques, commence une tournée systématique du territoire français. Le Rouergue est inclus dans son voyage en Auvergne. Parti le 25 mai 1837, en compagnie de Stendhal, il traverse Pays-de-Loire, Berry, Limousin et Quercy. Dans une lettre privée à son ami Léonce Lavergne, il écrit de Tulle : "Si je ne casse pas en route, je serai dans cinq ou six jours à Rodez. Nous irons de là voir l'église de Conques ..." ; et il conclut : "J'attends peu d'admiration de l'Aveyron et de la Haute-Loire ; nous verrons pourtant de beaux paysages et mangerons des cèpes et des fraises excellentes ..."
La visite de Conques eut lieu les 30 juin et 1er juillet 1837. La "Revue de l'Aveyron et du Lot" qui la rapporte précise que "Mérimée est accompagné de Boissonnade, architecte et conservateur des monuments historiques du Département qui, depuis plusieurs années, est parvenu à appeler sur Conques la sollicitude du gouvernement".
A l'issue de sa visite, Mérimée écrit :
"Bien qu'un peu blasé par métier sur l'architecture du Moyen-Age, j'ai vivement senti les beautès originales de l'église Sainte-Foy. Je regarde sa conservatrion comme un devoir et je me propose, d'ici peu, de publier une notice sur l'abbaye et sur quelques églises d'Auvergne dont elle me paraît être la prototype ..."
Ce rapport de dix-huit pages avec plan, coupe et façade, fait partie intégrante des "Notes sur un voyage en Auvergne". On en connaît trois éditions, dont celle du "Bulletin monumental" qui fait connaître Conques au monde des archéologues. Ce rapport servira aussi, le 1er mars 1838, à obtenir le classement parmi les monuments hisotriques.
Le chantier est conduit avec un rythme annuel de crédits de l'ordre de cinq à six mille francs. La doctrine est précise : le 27 avril 1838, le ministre écrit au préfet : "Je ne saurais trop vous recommander la plus grande économie dans l'emploi des fonds ni l'attention la plus scrupuleuse à rspecter l'architecture primitive de l'édifice et ce serait une faute très grave que de modifier le plus original ou d'altérer, même dans les détails, le style qui la caractérise".
Les travaux commencent par le drainage de la face nord, le rétablissement des charpentes et des couvertures, la reprise en sous-oeuvre des parements extérieurs, la restauration de la façade sud et des tombeaux, le démurage des fenêtres.
En juin 1839, nous trouvons soixante-dix ouvriers sur le chantier, dont dis-sept charpentiers, douze maçons, neuf couvreurs, cinq bouviers, vingt-trois manoeuvres.
En 1840, Boissonnade écrit dans son rapport annuel : "La reprise des murs reproduit avec l'exactitude la plus rigoureuse l'appareil primitif, car toutes les nouvelles pierres ont la dimension des anciennes. Je pousse à cet égard le scrupule au dernier degré ".
Au-cours des années 1844-1846, on procède aux resturations intérieures : débadigeonnage des pierers de traille, réfection des enduits sur voûte. Un projet de vitraux, établi par Thèvenot est refusé. On se contentera de vitrages losangés posés en 1848. Jusqu'en 1864, nous n'aurons pas trace d'autres travaux malgré les réclamations du curé affectataire. Le nouvel architecte départemental, Vanginot, tarde à établir une étude mais assure une couverture photographique de l'édifice en 1867, dont nous connaissons quelques clichés. Ce n'est qu'en 1873 qu'une nouvelle et importante campagne de travaux est envisagée.

Jean-Camille Formigé et la deuxième restauration ou "achèvement de l'abbatiale"


Début 1873, le cardinal Bourret en charge de l'évêché de Rodez souhaite rétablir des communautés disparues. Pour Conques, il fait tout d'abord appel aux Bénédictins de Solesmes, qui ne pourront venir. Il s'adresse alors à l'abbaye de Saint-Michel de Frigolet d'où une communauté de Prémontrés accepte de venir fonder un prieuré. Au sein de l'ordre prémontré, un architecte, le Père Pougnet, élabore avec l'assistance de Grinda, un premier projet de réaménagement intérieur et agrandit en 1874 le presbytère. Le ministère des Beaux-Arts, peu favorable à ces initiatives, commande le 10 juillet un projet de rstauration à Jean-Camille Formigé. Ce jeune architecte (il n'a pas trente ans), entré au Service des monuments historiques en 1871, aura une carrière prestigieuse : rstaurateur de Conques, de Saint-Sèverin, de Chavigny, de Poissy, du Théâtre d'Orange ; maître d'oeuvre du musée de la Manufacture des Gobelins, décorateur de l'Hôtel de Ville de Paris, architecte du palais des Beaux-Arts à l'exposition universelle de 1889, il est surtout connu pour son oeuvre d'aménagement des parcs et jardins de Paris et pour les ouvrages d'art du métropolitain.
Dès le mois d'août 1874, sur le terrain en quelques jours, il multiplie coquis, dessins de détails, calepins d'appareil, relevés, aquarelles qui serviront à la mise au net de l'état des lieux et dezs projets. Impatients de réaménager le choeur de l'abbatiale, les Prémontrés démontent les maçonneries du rond-point dans lesquelles ils découvrent le 23 avril 1875 le reliquaire de sainte Foy. L'évènement est regardé comme un véritable miracle, répondant à l'exhortation du cardinal Bourret qui, quelques mois plus tôt, frappant de sa crosse le pavé de l'abbatiale, scandaitr d'une voix forte : "Ressuscite, oh ma Sainte !"
Dès le mois de juin 1875, le projet de Formigé est bouclé. A la Commission supérieure des monuments historiques, Boeswillwald conclut :
" Ce projet est étudié avec soin. Toutefois, la surélévation et l'achèvement des clochers ne me semblent pas en harmonie avec le restant de la construction. Il devra être revu " ; un devis de quatre-vingt-six pages accompagne le programme en trois parties, pour un total de deux-cent-quarante-cinq-mille francs :
  • la première consiste à restaurer la façade occidentale et ses clochers, pour y replacer le beffroi des cloches que l'on supprimerait de la tour lanterne ;
  • la deuxième consiste à restaurer les voûtes de nef, à reconstruire la coupole, à reprendre les dallages et à créer une sacristie extérieure ;
  • la troisième consiste à restituer les corniches de nef et bas-côté, reconstruire la tour lanterne, puis à couvrir en dalles de pierres l'ensemble des toitures de l'abside.
Dès le départ, ce programme est modifié par la nécessité de reprendre en sous-oeuvre la colonnade du rond-point. Ce travail est réalisé en 1876. Un plan de financement fait l'objet de négociations pour la répartition entre l'Etat (50%), le diocèse et les Prémontrés (20%), la Commune (20%) et le Département (10%).En 1879, la façade ouest est échafaudée et remaillée. Les fortes lézardes qui la traversent étant visiblement imputables à des mouvements de sol, on bat, au pied de la tour sud, des pieux en aulne. Mais tandis que commence l'élevation des clochers en 1881, survient "l'affaire des congrégations". Des courriers très vifs sont échangés entre le ministre de l'instruction publique et des Beaux-Arts, Jules Ferry, et le cardinal Bourret, ce dernier remettant an cause sa participation aux travaux, dès lors que les Prémontrés se trouvent chassés de Conques.
Le pauvre architecte attire à de multiples reprises l'attention du ministère sur la difficulté de mener à bien son chantier, sans ressources, dans l'incertitude du lendemain. IL signale l'urgence de reconstruire les voûtes de nef très affaissées. Le célèbre tympan, déposé en 1883, ne sera remis en place qu'en 1886. La restriction des crédits à moins de la moitié du devis initial iterdit tout travail sur la tour lanterne. Ainsi se termine à Conques l'oeuvre de Formigé.

Les travaux du XXe siècle

En 1907, une chute de pierres depuis la tour lanterne alerte le ministère. Avec de très faibles moyens, le nouvel architecte, Laffilée, met en place une plate-forme de bois que l'on hisse par des cordages au niveau des trompes, depuis le beffoi ; et l'on se contente de ravalements, rejointoiements, injections ou calages de fortune.
Entre 1943 et 1952, le maître-verrier Chigot refait l'ensemble des vitreries. Aucun travail autre que des remaniements de couvertures ne sera effectué jusqu'en 1960. C'et alors qu'est tracée une voie d'accès au cimetière contournant le chevet. Cette voie permet enfin de supprimer les servitudes de passage entre les jardins suspendus du cloître. En 1972, Bernard Fonquernie, inspecteur général des bâtiments historiques, pourra rétablir l'aire du cloître et remettre en place, après trois siècles de dépose, le bassin roman en serpentine.


En 1987, Pierre Soulages, peintre abstrait français de notoriété internationale, né en 1919 à Rodez, dont les souvenirs d'enfance ont été imprégnés par ce lieu, commence à travailler avec enthousiasme sur le projet de création des vitraux de l'église Sainte-Foy de Conques. C'est en 1994, qu'il achève la réalisation de 95 verrières et de 9 meurtrières visibles de l'intérieur comme de l'extérieur qui respectent, tout en la magnifiant, l'austérité romane et ses symboles et invitent la lumière à pénétrer dans l'église.
A partir d'un matériau opalescent, l'artiste a trouvé un signe plastique singulier et authentique retenant à la fois le monde sensoriel comme émotion et le monde spirituel comme révélation finale.



Liens :
Le canton de Conques
Wikipedia : article consacré à l'abbaye Sainte-Foy
Wikipedia : article consacré à Conques
Architecture religieuse
Art roman

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