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Notre-Dame de Simorre

SIMORRE (Gers) : Eglise Notre-Dame (ancienne abbaye)


Notice de Françoise Bagnéris
Professeur d'histoire de l'art à l'Ecole des Beaux-Arts de Toulouse
pour l'ouvrage "Anciennes abbayes en Midi-Pyrénées - des solitudes habitées"
editioçns "Randonnées Pyrénéennes" et "Addocc Midi Pyrénées"





simorre_03HISTOIRE :

Clovis aurait été le fondateur d'une église dédiée à Notre-Dame et d'un monastère dans lequel il aurait été institué dix-huit moines, à l'emplacement d'un oratoire élevé au Ve siècle par saint Cérats, évvangélisateur de la région.

Malgré divers pillages (Normands, Sarrasins ...), ce monastère aurait survécu dans la pauvreté. Mas il s'enrichit à partir de la fin du Xe siècle, recueillant des dons de terre et de prieurés.

C'est alors qu'un incendie, daté de 1140, le ravagea, ce qui décida du déplacement du monastère, que l'on reconstruisit, entouré de six cent mètres de rempars, eux-mêmes cernés de fossés de quatre mètres de large franchis par unseul accès, protégé par une herse et un pont-levis. L'abbé avait tous les droits sur les habitants et les rpotégeait.

Ces efforts de protection étaient surtout dus au conflit qui opposait l'abbé aux comtes d'Astarac au moment de cette construction et jusqu'au XIVe siècle, et que seul put régler un arrêt du Conseil du roi ; les comtes d'Astarac voulaient en effet s'emparer des terres et des biens de l'abbaye.

Le conflit était en voie de règlement lorsqu'en 1309, l'archevêque d'Auch, Armanieu d'Armagnac, grand réformateur, vint bénir la nouvelle église qui commençait à s'élever. Les bâtiments monastiques avaient été déjà reconstruits, le cloître avait été édifié en 1240, mais les moines avaient fait élever des maisons individuelles. De nombreux procès les opposaient aux habitants, car, ayant limité leur nombre à dix-huit, ils restreignaient ainsi le partage de leur immense patrimoine à l'utilisation contestée.

En 1350, un clocher octoçgonal et une sacristie furent ajoutés à l'église. En 1442, "le chapitre fit allonger l'église en pierre de taille", vers l'ouest et, à la fin du XVe siècle, deux abbés embellirent "somptueusement" la maison abbatiale. Mais l'abbaye devint commendataire en 1558, jusqu'en 1610, le siège demeurant même vacant pendant dix ans.

n 1673, un incendie nocturne ravageait le palais abbatial, une partie des maisons des moines, la plupart des salles donnant sur le cloître, ainsi que la plus grande partie des archives : ce fut le début d'une grande ruine de l'abbaye.

Quelques essais de réparations furent tentés au début du XVIIIe siècle. Mais en 1754, l'abbaye fut sécularisée ; les religieux, devenus chanoines, cessèrent de vivre en communauté et, au nombre de douze, s'établirent dans le village ...

Dès 1756 commençaient réparations et démolitions de certains bâtimentzs de vie collective, trés endommagés et inutiles ; le processus ne fit que s'amplifier avec la Révolution. Au milieu du XIXe siècle, Viollet-le-Duc restaura largement l'église.

 

DESCRIPTION



Extérieur :

Au plan ramassé de l'église correspond une construction massive et haute en briques, s'ouvrant au sud-ouest par une porte en pierre de bel appareil, qui fut précédée au XIVe siècle par un porche couvert, percé d'une première porte dont le gâble a été déposé à l'angle sud-ouest de l'église.

Les superstructures, d'une unité parfaite, doivent beaucoup, semble-t-il, à la restauration "médiévale" de Viollet-le-Duc, qui travailla ici de 1844 à 1858. Le crénelage qu'il a élevé surmonte totalement les murs de l'église et le clocher, état dont nous n'avions pas de preuve dans le passé. Sur chaque croisillon du transept, court et formé d'une travée seulement, s'accrochent deux clochetons.

Malgré la massivité de l'architecture, on est frappé par le nombre de fenêtres de l'église, leur taille et le soin porté au décor de leurs remplages, aux colonnettes et aux chapiteaux très fouillés, oeuvres de qualité du XIVe siècle.

Interieur :

La nef est bien éclairée par de larges fenêtres ; son appareil, en briques, est dégagé dans le choeur et en partie crépi, ce qui pouvait correspondre à son état initial.

Une tribune prenait place à l'ouest, soutenue par des corbeaux encore saillants. Démolie en 1780, elle supportait les trente-huit stalles du XVe siècle, depuis lors déposée dans le choeur.

Une tour lanterne octogonale posée sur les pendentifs, est portée par des ogives et percée par des fenêtres en mitre.

Plusieurs portes, désormais murées, attestaient la présence des bâtiments monastiques au nord de l'église. Ils sont maintenant totalement démolis. Les vitraux, enfin, méritent toute notre attention (XIVe, XVe et XVIe siècles).

La sacrisitie :

Dans l'angle nord-est du transept, une sacristie fut ajoutée, au milieu du XIVe siècle, murant partiellement une fenêtre. Des peintures murales, récemment resturées, y ont été retrouvées (saint Benoît, saint Michel, saint Satunin et une Crucifixion, maintenant détruite, entourée d'anges thuriféraires) et apparaissent, sur un crépi "fausse-pierre". Le trésor de l'église y est exposé.

 

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