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Abbaye Notre-Dame de Planselve

Abbaye Sainte-Marie Madeleine, dite Notre-Dame de Planselve

Article rédigé par Françoise Bagnéris dans l'ouvrage "Anciennes abbayes en midi-pyrénées" (ISBN Addoc : 2.906793-19-1 ; ISBN Randonnées Pyrénéennes : 2-905521-45-7)

Histoire

planselveOn est bien renseigné sur l'histoire et la fondation de l'abbaye de Planselve à Gimont, ce qui rend d'autant plus regrettable la disparition de la plus grande partie de ses bâtiments.


En 1142, Géraud du Brouilh, sa femme Gauzens et leurs enfants, font une donation de cent concades de terres situées dans la forêt de Planselve (plana sylva) à l'abbé de Berdoues, Albert, pour la construction d'un nouveau monastère et de ses dépendances ; les travaux furent si rapides qu'en 1144, les donateurs purent confirmer leur donation par un serment sur le missel posé sur l'autel de ladite église, ce qui rpouve l'avancement des travaux de construction.

La communauté était présente. A cette même date, s'ajouta le don de l'emplacement d'un futur moulin. Ainsi, grâce à de nombreuses autres donations, Planseve prospéra au XIIe siècle et fonda, dans le même élan que Berdoues, plusieurs bastides, dont Gimont, Saint-Lys et Solomiac.


Après une ascension qui dura jusqu'au milieu du XIVe siècle, la prospérité de l'bbaye se stabilisa. C'est en 1557 que Planselve tomba en commende et commença son déclin. En quarante-trois ans, le siège d'abbé demeura vacant durant vingt ans et six titulaires se partagèrent les vingt-trois années de gestion du monastère, lui ajoutant alors quelques constructions privées.


Ruinée par les guerres de Religion, très endettée, l'abbaye dut vendre de nombreuses terres. Dix moines y vivianet encore en 1790, mais furent expulsés un an après. En 1802 commençait la démolition de l'aile sud du cloître ; puis ce fut celle des bâtiments monastiques et de l'église.

Etat actuel

Les bâtiments monastiques :

Un long mur de briques, à peu près intact, signale l'enclos monastique, ainsi visible de loin. Il enfermait un vaste verger et fut élevé en l'an 1500, comme le révèle une inscription. La façade d'une chapelle dédiée à Notre-Dame des Neiges y a été englobée.

On accède actuellement au monastère par une porterie située à l'angle sud-ouest de l'enclos ; en pierre de bel appareil, voûtée d'ogives sur deux travées, elle présente des lefs de voûte pouvant remonter au XIVe siècle et était ouverte sur trois côtés.

La cour d'entrée, de grande superficie, était entourée, d'après le procès-verbal d'expertise de 1737, par les dépendances et les habitations des fermiers, situées au sud et à l'ouest. Les écuries se dressent au fond de cette cour, vers l'est. C'est une longue aile de briques, aux percements remaniés ; on y restitue pourtant six fenêtres en plein cintre au rez-de-chaussée, quinze à l'étage à l'est, dix à l'ouest, qui semblent remonter au XIIe siècle.

Recoupés par des formerets des douze voûtes qui y furent aménagés à une période postérieure, les parements internes des murs ont été entamés par cette insertion ; on en distingue seulement les arrachements, voûtes et culots ayant disparu. Cette salle est toujours une étable, sa destination n'ayant pas changé ... A l'extrêmité sud de cette aile, le portier gardait l'accès à la clôture monastique proprement dite.

Au revers de cette aile se distingue encore l'effacement très effacé des onze arcs des onze travées du cloître ; cette aile donnait accès au transept de l'église, en brique, totalement détruite (seuls les murs de deux travées subsistent).

L'église mesurait quarante-sept mètres de long et était voûtée. Son chevet portait six absidioles ; son cloher, à deux étages, appartenait à la lignée des Jacobins de Toulouse.

Le puits du cloître a gardé son emplacement ; mais, plus à l'est, salle capitulaire et dortoir on été détruits.

Bordant ce pré, au bord de la Gimone, l'enclos monastique subsiste, ponctué par un pigeonnier à l'angle nord (du XIVe siècle d'après le ciel de voûte), et par une glacière à l'angle sud.

Enfin, chez le propriétaire voisin, subsistent la boulangerie, le moulin de l'abbaye et le logement de l'abbé, qui purent être construits grâce à la donation de 1144.

Cet ensemble nous paraît particulièrement intéresssant, d'abord par sa qualité architecturale, puis par la continuité de son occupation.

La boulangerie, en briques, est couverte de dix croisées d'ogives à section torique, de la fin du XIIe siècle ou du début du XIIIe siècle, reposant sur de gros piliers centraux. Au nord-ouest et au nord-est, subsistent deux cheminées imposantes, du XVème siècle : la première a été percée d'une porte, et l'ensemble divisé par deux cloisons.

L'ensemble, un des plus complets de la région, doit sa conservation à ... la continuité de son utilisation. Après le départ des moines, le moulin garda son rôle, la eunerie devint une fabrique de pâtes alimentaires, et cela jusqu'en 1940 ; certains sacs de papier brun portent encore la marque "moulin de Planselve", ce qui rend encore plus exceptionnel cet attachement à une fonction dpeuis le XIIème siècle.

Enfin, un logis privé et une tour d'escalier furent construits au XVème siècle par un abbé peu enclin à la vie communautaire ; ainsi, malgré la destruction de l'église, l'abbaye de Planselve garde des bâtiments originaux.

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