header

Notre-Dame de Sylvanès

L'article relatif à cette abbaye aveyronnaise n'est pas encore écrit ; nous reproduisons en attendant les données fournies par le site officiel de l'abbaye cistercienne, à l'adresse : https://www.sylvanes.com

Pour renseignements complémentaires, s'adresser :

ABBAYE DE SYLVANES
12360 - SYLVANES

tel : 05 65 98 20 20 - Fax : 05 65 98 20 25
courriel :Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

L’abbaye de Sylvanès a été fondée en 1136 par un petit Seigneur du Larzac dont le chemin s’était largement écarté de Dieu, mais qu’il retrouva une nuit de Noël :


Pons de Léras, touché par la grâce divine, entreprit un long parcours de pénitence qui l’amena – après un pèlerinage à St Jacques de Compostelle - auprès du Seigneur de Camarès, qui l’installa sur une terre où il vécut avec quelques compagnons du travail de la terre, de prière et de l’aumône.


La construction de l’abbaye entreprise à partir de 1151 s’étalera sur plus d’un siècle. L’abbaye vivra ainsi durant plusieurs siècles, agrandissant chaque jour un peu plus son domaine et son influence. Cependant quelques périodes plus délicates commencent à apparaître.


En 1477 l’abbaye est placée sous le régime de la Commende : les moines ne choisissent plus leur Abbé, il est nommé. Cette décision aura beaucoup d’effets sur l’avenir de l’abbaye qui sera profondément modifiée : le dortoir devient appartement ouvert sur l’extérieur, la salle du chapitre devient salon de réception. De même une partie du cloître sera démontée pour réutiliser les pierres.


A la Révolution Française un autre morceau du cloître est vendu comme carrière de pierres, l’aile Est est achetée par un exploitant agricole qui transforme le scriptorium et la salle du chapitre en bergeries et le logis de l’étage en grange. L’église reste église paroissiale.


En 1970, quelques années après le décès du dernier prêtre, la commune de Sylvanès achète à l’agriculteur l’aile du cloître. Faute de moyens dans une si petite commune, l’abbaye est fermée et laissée à l’abandon.


C’est en 1975 que le Père André GOUZES vient s’installer provisoirement à l’abbaye. Le provisoire se transformera en permanent puisque l’année suivante l’Association des amis de l’Abbaye de Sylvanès sera créée pour porter lancer la restauration de ce lieu, et diffuser la Musique Liturgique que compose le Père GOUZES…

LE MONUMENT AUJOURD’HUI


L’église abbatiale : Dotée d’un chevet plat typiquement cistercien elle est surprenante par ses dimensions, offrant une acoustique remarquable adaptée a tout type de chant. Le rapport largeur / hauteur de la nef unique, proche du carré, donne ici un écho relativement faible, plus lent, et surtout celui-ci n’est pas perturbé par d’éventuels piliers : ici il n’y a pas de bas-cotés.

Le symbolisme cistercien est également très fort avec la quasi absence de décorations : seuls quelques motifs végétaux ornent les chapiteaux des colonnes. Les ouvertures sont également très importantes : chiffres sacrés et rosaces mariales couvrent le sanctuaire .

Le cloître : malheureusement amputé de trois côtés, il est d’une finesse et d’une clarté remarquables. Charpenté dans un premier temps puis voûté à la fin du XIII° siècle il a du être adapté à l’existant : ainsi les arêtes d’ogives sont déformées pour s’implanter entre les ouvertures existantes.


La sacristie : Cette petite salle contigüe à l’église était un endroit important où les moines entreposaient les objets de culte, voire certains livres. Des niches ont été prévues dans le mur à cet effet. Par ailleurs, elle est partiellement ornée de fresques du XIV° siècle. Couvertes par une fine couche de plâtre, ces fresques n’ont pas encore été restaurées.


La salle Capitulaire : modifiée de nombreuses fois elle est aujourd’hui constituée d’une grande voûte sans pilier central, datant du XV° siècle. De part et d’autre de la porte du cloître deux remarquables ouvertures aux colonnes géminées avec chapiteaux finement ouvragés permettaient aux convers conviés au chapitre d’assister à celui-ci sans entrer dans la salle. Transformée en salon de réception aux XVII° et XVIII° siècles, une grande ouverture a été créée dans le mur est, et des stucs sont venus décorer les murs et plafond. Après la Révolution Française, la salle accueillant des animaux, les stucs ont mal résisté à l’humidité, et sont donc en partie tombés.

Le Scriptorium : magnifique salle voûtée construite vers 1250, elle garde une grande unité de style malgré les nombreuses modifications. Les deux rangées de croisées d’ogives viennent porter sur des piliers centraux rappelant les arbres reliant la terre au Ciel, l’homme à Dieu…

La grande cheminée qui devait permettre de chauffer cette pièce a disparu, probablement vendue. Une grande porte à été ouverte à l’Est afin de permettre l’entrée plus facile du troupeau de brebis après la Révolution.


Le Logis : Aux XVII° et XVIII° siècles, le dortoir a été transformé en appartement : l’espace du dortoir a donc été scindé en plusieurs petites pièces ouvrant sur un grand couloir central. L’appartement occupe également l’espace situé au-dessus de la galerie du cloître.

Actuellement, seul le couloir central peut être visité puisqu’il abrite une collection de sculptures de l’artiste polonais Auguste ZAMOYSKI (1893 – 1970).


Au-dessus du scriptorium : Cet espace fut entièrement détruit à travers les siècles puis rebâti. A compter de la Révolution Française et de son rachat par un agriculteur, il servira de grange. Ainsi il ne restera en 1970 que les murs et le toit…dans un état moyen.

L’Association des Amis de l’Abbaye réalisera dans cet espace deux niveaux où seront aménagés des chambres simples et un grand dortoir qui accueillent des stagiaires pour un séjour.

 

Abbaye Notre-Dame de Sylvanès




Notice rédigée par Geneviève Durand
in "Anciennes abbayes en Midi-Pyrénées"
(ISBN Addoc : 2.906793-19-1 ; ISBN Randonnées Pyrénéennes : 2-905521-45-7)

 

Histoire

Une route étroite serpentant à tarvers les collines boisées mène à l'abbaye cistercienne de Sylvanès : le visiteur est d'emblée saisi par la masse dépouillée de l'église dominant les bâtiments conventuels et le petit village blotti près d'elle au nord.
Implantée à  l'extrêmité sud du département de l'Aveyron, à la limite des départements du Tarn et de l'Hérault, l'abbaye de Sylvanès a été construite sur la rive droite du Cabot, dans une petite vallée étroite mais fertile. Elle est entourée de collines boisées, au pied desquelles jaillissent plusieurs sources thermales aujourd'hui inexploitées.
Sous le règne du roi Louis VI le Gros (1108-1137), le noble chevalier Pons, possesseur du château de Léras, dans le diocèse de Lodeves, hante le pays par ses brigandages et ses débauches. Touché par la grâce, il se repent et part en pélerinage avec six compagnons pour arriver en 1132 en Rouergue. Le petit groupe s'installe alors près de Camarès dans un lieu appelé "Sylvanium", afin d'u mener une vie solitaire. Devant l'afflux des conversions, Pons et ses compagnons décident de fonder une abbaye, affiliée en 1136 à l'ordre de cîteaux par l'intermédiaire de Mazan en Vivarais.
Dès le début, l'abbaye reçoit des donations de l'empereur de Constantinople, de Roger II roi de Sicile, de Thibault, Comte de Champagne, sans oublier les nombreux seigneurs de la région.  Les donations et les recrues augmentant rapidement, le troisième abbé, Guiraud, décide d'édifier une abbaye "à la distance d'un trait d'arbalète" du site primitif, sur la rive droite du Cabot. Dès 1151, le chantier de l'abbaye actuelle est ouvert : il durera plus d'un siècle. Au même moment, cet abbé fonde pour les femmes le monastère de Nonenque, à une quinzaine de kilomètres.
Sylvanès acquiert de nombreux domaines agricoles dans le Rouergue méridional d'abord, puis dans les Monts de Lacaune et  le Bas-Languedoc. Ellfe favorise sur ses terres l'élevage extensif des ovins et crée un artisanat de la laine et du  cuir, sans doute à l'origine de l'industrie textile du Camarès.
Mais, dès le XIIIe siècle, l'essor de Sylvanès se ralentit, le relâchement s'introduit dans la communauté et les donations se raréfient au profit des nouveaux ordres, Dominicains et Franciscains.
L'abbaye est mise en commende en 1477. En 1591, pendant les guerres de religion, les calvinistes assiègent Sylvanès et détruisent sans doute une partie des bâtiments monastiques, exceptée l'église. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'aile orientale est remaniée, et le nouveau palais abbatial mis au goût du jour.
Les moines étant trop peu nombreux, le noviciat ne se fait plus à Sylvanès, mais à l'abbaye de Bonneval, en Rouergue, qui en a la charge pour les  provinces de Rouergue, Quercy et pays adjacents.
Le registre des vêtures de cette abbaye, commencé en 1730, en donne cinq pour Sylvanès. En 1768, on ne compte plus que six religieux. L'édit de Louis XV fixant le nombre minimal de religieux à quinze aurait du entraîner la disparition du monastère, mais son application fut retardée et l'abbaye ainsi maintenue jusqu'à la Révolution.
Le 18 avril 1791, le monastère est vendu, exceptés l'église, le presbytère, le cimetière et le jardin curial qui deviiendront en 1801 le siège de la paroisse. Le rez-de-chaussée des bâtiments monastiques est alors converti en dépendance agricole d'un domaine voisin.
L'intérêt du monument n'a pas échappé à l'administration qui le classe "monument historique" sur la liste de 1834 ; il faudra cependant attendre vingt ans l'application de cet arrêté. Au XIXe siècle et au début du XXe, l'hoistoire de l'abbaye se résume à quelques travaux parcimonieux afin d'en assurer la conservation.

L'ARCHITECTURE


Selon une habitude chère aux cisterciens, l'implantation des bâtiments est commandée par l'eau. Le cloître et ses dépendances sont construits du côté du ruisseau du Cabot, l'église sur le point le plus élevé, au nord.
Commencée vers 1151-1155, l'église est le bâtiment le plus ancien et le moins défiguré de l'ensemble conventuel. Normalement orientée, elle est bâtie sur un plan en croix latine. Sur le transept peu saillant mais profond, se greffet un choeur à chevet plat encadré par quatre petites absidioles rectangulaires de même profondeur. La nef unique, divisée en cinq travées égales, est flanquée au nord et au sud de cinq chapelles rectangulaires séparées par un mur plein faisant office de contrefort intérieur.
Cinq portes permettent de communiquer avec les lieux monastiques et l'extérieur. A l'Ouest, deux petites portes latérales sont percées dans un massif de maçonnerie en faible relief. Deux autres portes situées au fond du bras du transept desservent la sacristie et le dortoir. La dernière, dans la première travée de la nef, ouvre sur le cloître.
Nef, transept et chevet ont reçu des voûtes en berceau brisé, mais une voûte d'ogives de plan rectangulaire apparaît à la croisée du transept. Ses arcs diagonaux, de forme torique, s'amincissent en biseau à leur extrêmité. Les mêmes ogives sont présentes sur quelques mètres dans la première travée de la nef. La forme de ces ogives traduit une influence de la Bourgogne et plus particulièrement des cisterciens dont cette région fut le berceau. Conformément au principe de pauvreté édicté par saint Bernard, l'ornementation est réduite à des chapiteaux ornés de motifs végétaux ou géomètriques.
De l'ensemble des bâtiments monastiques, il ne subsiste plus que l'aile orientale, dans le prolongement du bras sud du transept, une galerie incomplète du cloître à l'est et les traces d'arrachement de la galerie appuyée contre l'église.
Les quatre travées inégales du cloître, couvertes de voûtes d'ogives, s'ouvrent sur le préau par quatre ou cinq arcs brisés, reposant sur de fines colonnes jumelées, et des piliers. Le profil prismatique des ogives et doubleaux indique une date tardive pour le cloître, fin du XIIIe siècle ou début du XIVe siècle.
La sacristie, de plan rectangulaire, est couverte d'un berceau srubaissé. Quatre niches percées dans le mur nord abritaient sans doute la bibliothèque de l'abbaye. La porte communiquant avec le cloître est surmontée d'un tympan orné, au centre, de trois arcs et latéralement, d'une colombe et d'un agneau.
La salle capitulaire, de plan presque carré, a reçu une seule voûte d'ogives d'une grande portée. Les nervures, de section rectangulaire, retombent dans les angles sur des culots sculptés de feuillages, à un mètre du sol.
L'ensemble des murs est couvert de stylke Louis XV. Le chapitre communique avec le cloître par une simpmle prote en plein cintre accostée de deux baies de même profil, recoupées intérieurement par deux colonnnes.
Au-delà du chapitre venaient l'escalier du dortoir et le passage menant aux jardins e dépendances orientales. Il ne reste plus rien du dortoir primitif situé à l'étage et transformé au XVIIIe siècle en logis abbatial.
La salle des moines termine l'aile est. Cette longue salle est divisée en deux vazisseaux par une épine centrale de quatre colonnnes, délimitant dix travées voûtées d'ogives en boudin. Les différents arcs s'épanouissent en palmier à partir du chapiteau des colonnes centrales.
Ce type de voûte s'apparente à celui des salles capitulaires des abbayes méridionales de l'Escaladieu, Flaran et Fontfroide, mais semble ici plus mrpimitif et sans doute antérieur de quelques années : la construction date probablement de 1160-1180. Dès la fin du XIIe siècle, les cisterciens ont répandu ce procédé dans le sud-ouest, mais aussi dans la péninsule ibérique.
L'intérêt majeur de Sylvanès réside dans la juxtaposition de techniques de construction romanes et de concept déjà gothiques : nef unique avec contreforts intérieurs et croisée d'ogives.

 

{backbutton}

{jgototop} {/jgototop}

 

Imprimer E-mail