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Saint-Just de Valcabrère en Comminges

st_just_2L'image est universelle ; elle symbolise de façon saisissante le glissement rapide du roman vers le gothique (c'est même le plan d'ouverture illustrant le début du premier épisode de la série "Le temps des Cathédrales" de Georges DUBY) : au premier plan, isolée dans la plaine, humble, méconnue et oubliée des touristes, la basilique romane Saint-Just de Valcabrère, édifiée aux XIe et XIIe siècle, avec les restes de l'importante cité antique "Lugdunum Convenarum" (crée par Pompée lors d'un retour d'une expédition militaire outre-pyrénées, choisie pour sa position de verrou aux portes de l'Espagne). A deux kilomètres de là, orgueilleuse sur son piton rocheux et dominant la vallée, la Cathédrale gothique Sainte-Marie de Saint-Bertrand du Comminges, dont la construction commença au XIIe siècle (une galerie est romane, les trois autres gothiques).

Pour un tenant des vertus de simplicité et de modestie, Saint-Just de Valcabrère constitue un exemple type de l'harmonie et de l'équilibre exceptionnels de l'architecture romane : campée solitaire dans la plaine au milieu des prés, entourée d'un cimetière de campagne planté de cyprés, elle dégage un calme, une tranquillité, une poésie, un appel à la méditation intérieure, particuliers et uniques.

Elle est dédiée, nous dit la notice historique, à Saint-Just et Saint-Pasteur, deux jeunes frères mis à mort en Espagne pendant la persécution de Dioclétien (303-311 : pour ce grand empereur, restaurateur de l'Empire Romain, l'abolition du christianisme était le couronnement de son oeuvre de réunification de l'empire) et au premier martyr chrétien, Saint-Etienne, dont les statues-colonnes ornent le portail latéral nord, avec celui de Sainte-Hélène, mère de l'Empereur Constantin. Sur le plan architectural, elle est exceptionnelle par son chevet, dit "en relief en creux", rare exemple dans le roman où le constructeur a laissé libre-cours à sa fantaisie.

 

 

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